Le port d'Al Hoceima traverse une période de contraction de ses activités halieutiques, marquée par une baisse significative des volumes débarqués et de leur valeur marchande. Cette tendance locale, observée sur les huit premiers mois de l'année 2026, contraste avec la dynamique de croissance enregistrée à l'échelle nationale sur la même période.
Un recul des volumes et des revenus portuaires
À fin août 2026, les débarquements de la pêche côtière et artisanale au port d'Al Hoceima ont atteint 1 526 tonnes, marquant une diminution de 13 % par rapport aux 1 699 tonnes enregistrées l'année précédente. Ce repli des tonnages s'accompagne d'une baisse plus prononcée de la valeur marchande des captures, qui s'établit à 84,67 millions de dirhams (MDH), soit une chute de 15 % par rapport aux 99,85 MDH générés à la même période en 2025.
Disparités selon les espèces halieutiques
L'analyse par segment révèle des trajectoires divergentes. Les céphalopodes, pilier important de l'activité locale, ont subi une baisse de 16 % en volume, totalisant 1 007 tonnes pour des recettes en recul de 20 %. Les poissons pélagiques affichent également une tendance baissière marquée, avec une chute de 25 % des quantités débarquées, totalisant 206 tonnes. À l'inverse, le secteur des poissons blancs a connu une dynamique positive, avec une progression de 8 % des volumes (239 tonnes) et une hausse de 17 % de leur valeur marchande. Les crustacés, bien que représentant un volume plus modeste de 73 tonnes, ont enregistré une croissance notable de 44 % en volume et de 14 % en valeur.
Un contraste avec la tendance nationale
Ces résultats locaux s'inscrivent dans un contexte national globalement orienté à la hausse. Au niveau du Maroc, les débarquements des produits de la pêche côtière et artisanale ont progressé de 6 % à fin août 2026, totalisant 723 490 tonnes. Cette croissance du volume national s'est traduite par une augmentation de 1 % de la valeur globale, atteignant 7,43 milliards de dirhams. La situation spécifique d'Al Hoceima souligne ainsi les disparités régionales dans l'exploitation des ressources halieutiques, posant la question de la gestion durable et de la résilience économique des ports de pêche face aux fluctuations des stocks et des marchés.