Une affaire de détournement de fonds publics secoue le Consortium africain de conseil et d'organisation (CACO), filiale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Deux agents de cette structure ont été inculpés par le Pool judiciaire financier pour des malversations estimées à plus de 2,2 milliards de francs CFA.
L'enquête, initiée suite à une plainte déposée en novembre 2024 par la direction générale du CACO, a révélé un système complexe de surfacturation et de paiements pour des prestations fictives. Initialement évalué à un milliard de francs CFA, le préjudice financier a été réévalué à 2 225 584 769 FCFA à l'issue d'un audit interne approfondi mené au sein de l'entité.
Des poursuites judiciaires lourdes
Le parquet financier, sous l'impulsion du procureur El Hadji Alioune Abdoulaye Sylla, a ouvert une information judiciaire contre les deux suspects. Les charges retenues sont particulièrement graves : association de malfaiteurs, faux et usage de faux en écriture privée, détournement de deniers publics, ainsi que blanchiment de capitaux. Ces poursuites s'inscrivent dans une dynamique plus large de reddition des comptes engagée par les autorités actuelles concernant la gestion des structures publiques et parapubliques.
Une libération sous caution immobilière
Bien que formellement inculpés par le juge du troisième cabinet, les deux agents ont bénéficié d'une liberté provisoire sous contrôle judiciaire. Cette décision a été rendue possible par la consignation de biens immobiliers dont la valeur expertisée correspond au montant total du préjudice présumé, soit 2,2 milliards de francs CFA. Cette garantie en nature permet aux mis en cause d'éviter la détention préventive tout en restant à la disposition de la justice pour la suite de l'instruction.
Les enjeux de l'instruction en cours
Le CACO, qui joue un rôle stratégique dans les secteurs de l'ingénierie, des infrastructures, de l'énergie et de l'agriculture, se retrouve au cœur d'une procédure visant à clarifier les responsabilités individuelles dans ce système de facturation frauduleuse. Si l'identité des agents reste pour l'heure confidentielle, l'instruction devra déterminer si d'autres acteurs ont pu être impliqués dans ce détournement. Ce dossier constitue un test pour le Pool judiciaire financier, chargé de faire la lumière sur la gestion des deniers publics au sein des institutions étatiques.