Le Pool judiciaire financier (PJF) du Sénégal a transmis 114 dossiers aux juridictions compétentes pour jugement, dont 83 ont déjà été examinés, a révélé le procureur financier El Hadji Alioune Abdoulaye Sylla lors d'une intervention sur les ondes de la RTS. Ces chiffres interviennent dans un contexte de tensions sur la rapidité du traitement des affaires de corruption et de détournement de deniers publics.
Un bilan marqué par plus de 1 000 arrestations et 35 milliards saisis
Depuis sa création, le PJF affiche un résultat significatif : plus de 1 000 arrestations, 600 dossiers transmis à l'instruction et plus de 35 milliards de francs CFA saisis ou consignés. Le procureur a reconnu que certaines procédures nécessitent un travail considérable en raison de leur technicité, tout en précisant que la majorité des dossiers étaient prêts à être communiqués au parquet pour règlement, avant leur programmation devant les tribunaux.
83 affaires sur 114 déjà examinées par les juridictions
Les 83 dossiers déjà jugés portent notamment sur des affaires de détournement de deniers publics, de corruption et de blanchiment de capitaux. Le procureur a indiqué que les juges d'instruction avaient bouclé ces 114 dossiers, qui ont été envoyés pour jugement et inscrits au rôle des juridictions compétentes. Plusieurs procédures restent toutefois en attente, ce qui alimente les critiques sur les délais de traitement.
Yassine Fall dénonce des dysfonctionnements depuis 2024
La ministre de la Justice, Yassine Fall, a publiquement dénoncé des dysfonctionnements préoccupants et l'absence de jugement dans certaines affaires depuis 2024. Ces déclarations ont relancé le débat sur le fonctionnement du PJF et sur sa capacité à tenir ses promesses en matière de lutte contre la corruption et l'insécurité financière.
Cheikh Ba défend le PJF et pointe le contexte institutionnel
Le président de l'Union des magistrats du Sénégal, Cheikh Ba, a défendu le Pool judiciaire financier en rappelant qu'il avait été créé bien avant le changement de pouvoir. Il a également souligné que certaines nominations n'avaient pas été confirmées pendant la période de transition institutionnelle, ce qui aurait pu peser sur le rythme de traitement des dossiers.
La complexité des procédures explique en partie les délais
Le procureur financier a reconnu que la technicité de nombreuses affaires justifiait des délais de traitement, tout en saluant le travail de la presse, notamment de Pressafrik, dans le compte rendu des audiences. Il a précisé que les dossiers étaient majoritairement prêts à être transmis au parquet, avant d'être programmés devant les juridictions compétentes.