Le paysage audiovisuel public marocain traverse une phase de transition financière délicate, marquée par un déficit cumulé de 487 millions de dirhams (MDH) pour la SNRT et Soread-2M en 2025. Ce bilan, révélé par le rapport sur les établissements publics annexé au projet de loi de finances 2027, souligne les difficultés persistantes d'un secteur en pleine mutation, désormais piloté par la SNRT en tant qu'actionnaire majoritaire de 2M.
Un modèle économique sous tension pour 2M
Malgré une position dominante sur le marché publicitaire télévisuel, captant 65,8 % des investissements bruts, la chaîne 2M peine à stabiliser ses comptes. Son chiffre d'affaires a reculé de 10 % en 2025 pour s'établir à 375 MDH, dont l'essentiel provient de la publicité. Avec un déficit de 356 MDH, le ministère de l'Économie et des Finances pointe un déséquilibre structurel profond. Pour soutenir la société, une recapitalisation massive de 1,102 milliard de dirhams a été opérée par conversion de créances de l'État, une étape préalable au transfert de la majorité du capital vers la SNRT en avril 2026.
La SNRT entre redressement et incertitudes
La SNRT affiche une trajectoire financière plus contrastée. Son chiffre d'affaires a progressé de 53 % en 2025, atteignant 672 MDH, une hausse portée par le recouvrement d'arriérés de la taxe pour la promotion du paysage audiovisuel. Cette dynamique a permis de réduire le déficit de 68 %, le ramenant à 131 MDH contre 410 MDH l'année précédente. Toutefois, cette amélioration s'appuie sur un soutien étatique substantiel, avec des concours financiers atteignant 1,502 milliard de dirhams.
Des investissements en repli
La stratégie d'investissement du pôle public montre des signes de ralentissement. Les dépenses d'équipement de la SNRT ont chuté à 197 MDH en 2025, contre 283 MDH en 2024. Ces investissements se sont concentrés sur le matériel de diffusion et les infrastructures informatiques. Pour l'exercice en cours, les projections du ministère des Finances anticipent une dégradation des résultats, avec une baisse du chiffre d'affaires attendu à 624 MDH et un déficit net projeté à 463 MDH, illustrant la complexité de la viabilité économique du pôle audiovisuel public dans sa nouvelle configuration.