Le poids politique croissant des partis arabes au cœur des tractations gouvernementales en Israël

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 7 lectures
Le poids politique croissant des partis arabes au cœur des tractations gouvernementales en Israël

Le paysage politique israélien est redessiné par une percée historique des partis arabes, qui totalisent désormais 19 sièges sur 120 à la Knesset. Cette nouvelle configuration électorale place Mansour Abbas, chef de la formation Ra’am, au centre des tractations pour la formation d’un gouvernement, alors qu’aucune majorité claire n’a émergé du scrutin du 27 octobre.

La stratégie pragmatique de Mansour Abbas

Ancien dentiste et figure du Mouvement islamique israélien, Mansour Abbas a imposé une ligne politique fondée sur le pragmatisme. En acceptant la réalité politique de l’État d’Israël tout en revendiquant son identité palestinienne, il privilégie la négociation d’avancées concrètes, notamment en matière de logement et de sécurité, plutôt que la posture de protestation. Cette approche lui avait déjà permis, en 2021, de devenir le premier dirigeant d’un parti arabe à intégrer une coalition gouvernementale.

La lutte contre l’insécurité comme levier

La montée en puissance de la représentation arabe est étroitement liée à la crise sécuritaire qui frappe les communautés arabes, où 252 personnes ont été tuées en 2025. Pour répondre à cette urgence, Mansour Abbas a opéré un rapprochement inédit en intégrant Yoav Segalovitz, un ancien haut responsable de la police, sur sa liste électorale. Cette alliance souligne la volonté de transformer cette force électorale en un levier d'influence directe sur les politiques publiques de sécurité, souvent critiquées pour leur inefficacité sous l'actuel ministère de l'Intérieur.

Les défis d’une intégration gouvernementale

Malgré ce succès électoral, le chemin vers une participation gouvernementale reste semé d’embûches. Si Mansour Abbas se dit prêt à rejoindre une coalition de changement, les résistances au sein de la classe politique israélienne demeurent fortes. Une enquête de l’Institut israélien de la démocratie révèle qu’une majorité de citoyens juifs s’oppose encore à l’entrée de partis arabes au gouvernement. Si Yaïr Golan, leader des Démocrates, prône ouvertement cette collaboration, d’autres figures de l’opposition, comme Gadi Eisenkot, ont exprimé des réticences, laissant planer le doute sur la capacité des blocs à surmonter ces clivages historiques.

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