Le secteur aérien ghanéen fait face à une crise de compétitivité qui pèse directement sur le pouvoir d'achat des voyageurs. Selon l'économiste Peter Quartey, la cherté des billets domestiques résulte d'une accumulation de facteurs structurels, allant d'une pression fiscale excessive aux coûts opérationnels élevés.
Une fiscalité sectorielle jugée punitive
Le diagnostic posé par le professeur Quartey pointe du doigt une charge fiscale disproportionnée. Avec un cumul de taxes atteignant environ 20 %, le Ghana se situe nettement au-dessus de la moyenne africaine, où la TVA appliquée au secteur aérien demeure généralement inférieure à 15 %. Cette politique fiscale, répercutée mécaniquement sur le prix final des billets, fragilise la demande intérieure et limite l'accès au transport aérien pour une large partie de la population, qui privilégie alors les alternatives routières.
Le défi de l'étroitesse du marché local
Au-delà de la fiscalité, le marché ghanéen souffre d'un manque d'économies d'échelle. Contrairement au Nigeria, dont la démographie et le volume de trafic permettent une concurrence accrue et une baisse des coûts, le Ghana dispose d'un espace aérien restreint. Cette taille limitée empêche les compagnies locales d'optimiser leurs opérations. L'économiste souligne également que la maturité des acteurs historiques du continent, tels qu'Ethiopian Airlines ou Kenya Airways, contraste avec la situation ghanéenne, où le développement du marché reste une condition préalable indispensable pour attirer de nouveaux investisseurs.
Coûts du carburant et endettement des compagnies
L'exploitation aérienne au Ghana est également grevée par des charges opérationnelles lourdes. Le carburant représente à lui seul environ 30 % des coûts totaux des compagnies. À cela s'ajoute le poids du service de la dette : de nombreux opérateurs aériens, contraints d'emprunter pour financer leurs activités, doivent intégrer le remboursement de ces prêts dans leur structure tarifaire pour assurer leur viabilité financière. Cette situation s'inscrit, selon l'expert, dans un contexte plus large de coût de la vie élevé au Ghana, affectant aussi bien l'hôtellerie que l'immobilier.
Perspectives pour le développement du secteur
Pour inverser cette tendance, Peter Quartey préconise une stratégie axée sur le développement global de l'industrie. L'enjeu est de rendre l'environnement des affaires suffisamment attractif et rentable pour susciter l'intérêt des investisseurs. La croissance du marché, couplée à une rationalisation des coûts, apparaît comme le seul levier capable de stimuler une concurrence saine, susceptible de réduire, à terme, le prix des prestations pour le consommateur final.