Le poids de la dette entrave l'action climatique dans les pays les plus vulnérables

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 27 lectures
Le poids de la dette entrave l'action climatique dans les pays les plus vulnérables

Un rapport conjoint d'ActionAid et de Development Finance International met en lumière un paradoxe financier majeur : les nations les plus exposées aux dérèglements climatiques sont contraintes de consacrer une part écrasante de leurs revenus au service de la dette. Cette situation compromet non seulement leur capacité à financer des mesures d'adaptation, mais fragilise également les services publics essentiels tels que la santé et l'éducation.

Un cycle vicieux entre endettement et catastrophes

Le rapport souligne une dynamique d'auto-entretien entre vulnérabilité climatique et pression financière. Les catastrophes naturelles, de plus en plus fréquentes, imposent aux États des dépenses de reconstruction massives, souvent financées par l'emprunt. Ce recours à la dette limite ensuite les marges de manœuvre budgétaires pour investir dans la prévention et la résilience. En 2026, les pays étudiés devraient allouer en moyenne 65 % de leurs revenus nationaux au remboursement de leurs créanciers, entravant ainsi la mise en œuvre de leurs engagements climatiques nationaux.

Des disparités criantes dans les budgets nationaux

La situation est particulièrement critique dans plusieurs pays. Au Malawi, le service de la dette pourrait atteindre 129 % des revenus gouvernementaux en 2026. Au Sénégal, les remboursements sont 600 fois supérieurs aux investissements climatiques, tandis qu'au Mozambique et au Bangladesh, ce ratio s'établit respectivement à 117 et 184 fois. Cette hémorragie financière affecte prioritairement les populations les plus fragiles, notamment les femmes et les jeunes, qui subissent de plein fouet les coupes budgétaires dans les services sociaux.

La remise en question du financement par le prêt

L'étude pointe également la nature du financement climatique actuel, dont les deux tiers sont constitués de prêts plutôt que de dons. Cette approche est jugée inadaptée pour des pays déjà surendettés. Les auteurs du rapport préconisent une réforme structurelle, incluant l'annulation des dettes insoutenables, la mise en place de suspensions automatiques des remboursements après une catastrophe climatique majeure, et une augmentation significative des financements sous forme de subventions directes.

Vers une réforme du cadre financier international

Pour briser ce verrou, les organisations appellent à une refonte globale incluant la création d'un cadre onusien sur la dette souveraine et une régulation plus stricte des agences de notation. L'objectif est de permettre aux pays du Sud global de libérer des ressources domestiques pour financer leur transition écologique. Selon les estimations, une annulation ciblée de la dette pourrait libérer des ressources six fois supérieures aux besoins de financement des plans climatiques nationaux de ces pays.

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