Face à une recrudescence préoccupante de la diphtérie, l'État du Plateau, au Nigeria, a officiellement activé son Système de gestion des incidents (IMS). Avec 31 décès enregistrés et 469 cas suspects recensés à travers 10 zones de gouvernement local, les autorités sanitaires intensifient leurs efforts pour endiguer la propagation de cette maladie bactérienne hautement infectieuse.
Une coordination renforcée pour endiguer l'épidémie
La situation, devenue une préoccupation majeure de santé publique depuis le mois d'août, a conduit le gouvernement de l'État à nommer le Dr Maren Job Damala au poste de gestionnaire des incidents. Sa mission est de centraliser la réponse multisectorielle, de superviser le déploiement des ressources et d'assurer une communication fluide avec les partenaires techniques et les agences gouvernementales. Cette structure vise à harmoniser les interventions, allant de la recherche active de cas au traitement des patients dans les centres spécialisés, notamment au Plateau State Specialist Hospital et au Jos University Teaching Hospital.
Le défi de la couverture vaccinale
Bien que plus de 160 000 enfants aient déjà reçu des vaccins contre la diphtérie et le tétanos, et que 30 000 autres aient bénéficié du vaccin pentavalent, les autorités font face à un déficit critique. Il manque actuellement 250 000 doses pour couvrir les zones les plus touchées, dont Jos North, qui concentre à lui seul 370 des 469 cas suspects. Le commissaire à la Santé, le Dr Nicholas Ba’amlong, insiste sur le fait que la diphtérie est une pathologie évitable par la vaccination, soulignant l'urgence de combler ce besoin en approvisionnement pour protéger les populations les plus vulnérables, en particulier les enfants âgés de deux à 14 ans.
Mesures préventives et sensibilisation communautaire
Au-delà de la réponse médicale, l'État mise sur la prévention communautaire. Des programmes de formation ont été déployés auprès du personnel enseignant pour favoriser la détection précoce des symptômes, tels que les maux de gorge, la fièvre ou les gonflements du cou. Les autorités appellent les citoyens à adopter des gestes barrières, comme le lavage régulier des mains et le port du masque dans les espaces bondés. La réussite de cette stratégie repose également sur la vigilance des résidents, invités à signaler immédiatement tout cas suspect aux agents de surveillance locaux, une étape jugée cruciale pour briser les chaînes de transmission.