Le plan d'investissement France 2030, doté de 54 milliards d'euros, est présenté par le Conseil d'analyse économique comme un modèle de réussite en matière de retour sur investissement public. En stimulant l'innovation et la productivité des entreprises, ce programme permettrait à l'État de recouvrer ses fonds en seulement cinq ans grâce à l'augmentation des recettes fiscales.
La dynamique vertueuse de l'innovation
Selon Xavier Jaravel, président délégué du Conseil d'analyse économique, la France souffre d'un sous-investissement chronique dans les secteurs porteurs d'avenir. Le plan France 2030, lancé en 2021, illustre une approche différente : en injectant des capitaux dans la décarbonation industrielle et le développement durable, l'État pallie les carences du financement privé. Cette stratégie favorise la croissance des entreprises bénéficiaires, ce qui se traduit mécaniquement par une hausse de leur masse salariale et, par extension, des rentrées fiscales pour les finances publiques.
Arbitrages budgétaires et maîtrise des dépenses
Face à une dette publique atteignant 3 460 milliards d'euros en 2025, soit 116 % du PIB, l'économiste écarte l'austérité brutale au profit d'une gestion rigoureuse. La recommandation centrale consiste à ralentir la progression des dépenses publiques pour qu'elle n'excède jamais le rythme de croissance du PIB. Cette vigilance est particulièrement préconisée pour les secteurs aux dépenses dynamiques, tels que les retraites et la santé, dont le poids budgétaire menace la soutenabilité à long terme si aucune régulation n'est opérée.
Prioriser les leviers de croissance
Au-delà de la gestion comptable, le Conseil d'analyse économique insiste sur la nécessité de prioriser les investissements à fort impact structurel. L'éducation est identifiée comme un levier majeur, notamment en raison de la baisse démographique du nombre d'élèves qui offre une fenêtre d'opportunité pour optimiser les ressources. Pour stabiliser la trajectoire de la dette, les experts estiment qu'un effort global de 125 milliards d'euros d'économies devra être réalisé d'ici 2032, tout en préservant les programmes capables de générer des effets positifs sur la productivité nationale.