Le Plan de redressement économique et social (PRES) au Sénégal traverse une phase de montée en puissance marquée par une accélération significative des recettes budgétaires. Si les indicateurs globaux témoignent d'une dynamique positive, des défis opérationnels persistants freinent l'atteinte des objectifs initiaux fixés pour l'exercice 2026.
Une progression marquée des recettes trimestrielles
Les données relatives à l'exécution budgétaire révèlent une progression notable des revenus générés par le PRES. Après un premier trimestre ayant rapporté 54,2 milliards de FCFA, les recettes ont atteint 140,7 milliards de FCFA au deuxième trimestre, soit une augmentation de 159,6 %. Cette tendance haussière conforte les autorités dans leurs projections, avec un objectif de 311 milliards de FCFA attendus pour le second semestre de l'année, soulignant ainsi la montée en charge progressive du programme.
Les freins opérationnels à la collecte fiscale
Malgré cette embellie, le rapport d'exécution budgétaire pointe une moins-value globale de 80,4 milliards de FCFA sur le trimestre écoulé. Ce manque à gagner est principalement imputable à des lacunes techniques dans le recouvrement. Le secteur des jeux de hasard, avec un déficit de 61,5 milliards de FCFA, et la taxation des minerais, en retrait de 13,3 milliards, illustrent les difficultés de mise en œuvre. De même, la taxation des téléphones mobiles n'a atteint que 18,9 % de sa cible, une contre-performance liée à l'absence d'une plateforme d'enregistrement des codes IMEI, facilitant ainsi la fraude.
Vers une optimisation des leviers de souveraineté
Pour Khadim Bamba Fall, membre de Pastef, ces écarts d'exécution ne remettent pas en cause la pertinence du PRES, mais soulignent l'urgence de finaliser les outils de supervision. L'absence de systèmes de contrôle automatisés pour les opérateurs de jeux et le retard dans l'opérationnalisation des mesures minières sont identifiés comme les principaux leviers à activer pour sécuriser les ressources de l'État. À l'inverse, les dispositifs concernant la fiscalité des véhicules, la filière cajou et le mobile money ont démontré une efficacité opérationnelle encourageante. Ces résultats sont présentés comme un socle pour renforcer la souveraineté économique nationale, à condition de lever les verrous techniques identifiés dans les documents officiels.