L'incarcération de l'actrice et candidate politique Doris Ogala au centre correctionnel de Kirikiri, dans l'attente de son audience de mise en liberté sous caution, provoque une vive controverse au Nigeria. Accusée de cyberharcèlement et de tentative d'extorsion à l'encontre du pasteur Chris Okafor, cette affaire soulève des questions fondamentales sur l'instrumentalisation des lois numériques par les autorités.
Les chefs d'accusation devant la Cour fédérale
Doris Ogala a été traduite devant le juge Akintayo Aluko de la Cour fédérale de Lagos pour répondre de trois chefs d'accusation. Selon le ministère public, l'accusée aurait diffusé, entre septembre 2024 et mars 2026, des photographies intimes du pasteur Chris Okafor sur les réseaux sociaux sans son consentement. Le parquet soutient que ces publications visaient à nuire à la réputation du religieux et à lui causer une détresse émotionnelle, justifiant ainsi des poursuites pour cyberharcèlement et cyberstalking.
La dénonciation d'une dérive sécuritaire
L'activiste des droits humains Omoyele Sowore a fermement condamné cette procédure, y voyant une utilisation abusive de la loi sur la cybercriminalité. Pour M. Sowore, les forces de police nigérianes détournent ce texte législatif pour servir les intérêts de personnalités influentes. Il s'interroge sur la légitimité de transformer un différend privé en une affaire pénale traitée par une juridiction fédérale, qualifiant cette pratique d'outil d'intimidation contre les citoyens.
L'impartialité judiciaire au cœur des critiques
Au-delà de la situation de Doris Ogala, qui est également une figure politique en tant que candidate au poste de gouverneur de l'État d'Abia pour l'African Action Congress (AAC), c'est le fonctionnement de l'appareil judiciaire qui est pointé du doigt. Omoyele Sowore a exprimé de sérieuses réserves quant à l'impartialité du juge en charge du dossier, craignant que le système judiciaire ne devienne un instrument au service de règlements de comptes personnels ou de pressions religieuses. L'audience consacrée à la demande de mise en liberté sous caution de l'actrice est fixée au 30 octobre 2026.