Le Parti de la justice et du développement (PJD) a officiellement ouvert sa séquence électorale en vue des législatives de 2026 lors d'un meeting national à Rabat. La formation islamiste a articulé son discours autour d'une critique frontale de la coalition gouvernementale actuelle, accusée de privilégier des intérêts privés au détriment de la gestion des affaires publiques.
Une dénonciation de la « prédation » des ressources
Le secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane, a qualifié le bilan de l'exécutif dirigé par Aziz Akhannouch de période marquée par une logique de prédation. Selon l'ancien chef du gouvernement, les responsables actuels auraient investi les centres de décision — du Parlement aux conseils communaux — non pour résoudre les problématiques structurelles du pays, mais pour capter les ressources de l'État au profit de leurs proches et de leurs réseaux partisans. Pour le PJD, cette culture de l'accaparement serait devenue une norme au sein de la majorité, créant un climat de défiance généralisée.
Le rejet des promesses électorales jugées irréalistes
De son côté, le vice-secrétaire général, Idriss El Azami, a ciblé les engagements économiques du gouvernement, qualifiant de « slogans creux » les promesses de création d'emplois et de réduction du chômage. Il a notamment pointé l'échec du programme « Forsa » et les tensions sociales persistantes, illustrées selon lui par le conflit avec les avocats. Le PJD oppose à ce qu'il qualifie de « libéralisme sauvage » un projet axé sur la souveraineté économique, la transparence et la reddition des comptes, tout en mettant en garde contre une tendance qu'il juge autoritaire au sein de la coalition au pouvoir.
L'instauration d'un « pacte de l'élu »
Pour marquer sa volonté de rupture avec les pratiques dénoncées, le PJD a introduit le « Pacte de l'élu ». Ce document, signé symboliquement par les représentants du parti, formalise un contrat interne liant les futurs élus à des exigences strictes d'intégrité et de probité. À travers cette démarche, le parti cherche à réaffirmer son identité politique après une période de fragilisation électorale, tout en se positionnant comme une alternative de contrôle face à ce qu'il considère comme une gestion défaillante de la chose publique.