Le PJD face à son avenir politique après les législatives marocaines de septembre

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 18 lectures
Le PJD face à son avenir politique après les législatives marocaines de septembre

Le Parti de la justice et du développement (PJD) traverse une phase de redéfinition stratégique après avoir recueilli 54 sièges lors des élections législatives du 23 septembre. Réuni en session extraordinaire à Bouznika, le Conseil national du parti doit trancher sur sa participation au futur gouvernement dirigé par le Parti authenticité et modernité (PAM).

Une ambition électorale contrariée

Lors de l'ouverture des travaux, le président du Conseil national, Jamaa Mouaatassim, a réaffirmé que la vocation du PJD demeure la première place sur l'échiquier politique national. Bien qu'il estime que les résultats récents marquent un retour à une position électorale naturelle, il a souligné que ce score reste en deçà du poids politique réel de la formation. Le dirigeant a justifié cette ambition par l'attachement du parti aux constantes nationales et son engagement sur les questions de dignité et de justice sociale.

Bilan du processus électoral et critiques

Le PJD a dressé un bilan contrasté du scrutin. Si le parti reconnaît des avancées notables, telles que le respect du calendrier électoral et une neutralité accrue de l'administration, il émet des réserves sur le cadre législatif. Jamaa Mouaatassim a notamment critiqué le « quotient électoral », qualifié de dispositif singulier, et a exprimé son inquiétude face au taux de participation de 38 %. Ce chiffre est perçu comme un signal d'alerte sur la confiance des citoyens envers les institutions, interpellant l'ensemble des acteurs politiques et de la société civile.

Mobilisation et logistique de campagne

Pour cette échéance, le PJD a déployé des moyens organisationnels conséquents. Le parti a mobilisé 26 000 observateurs, couvrant 62 % des bureaux de vote pour un coût estimé à 3,449 millions de dirhams. La campagne a été marquée par l'organisation de 18 meetings nationaux et une présence médiatique soutenue, appuyée par la distribution de 500 000 brochures de programme. Ces activités ont été financées en partie par une première tranche de fonds publics s'élevant à 5,7 millions de dirhams.

Le dilemme de la participation gouvernementale

L'enjeu majeur de cette session extraordinaire réside dans le choix de l'opposition ou de la participation. Le secrétariat général du parti a officiellement recommandé de ne pas intégrer le futur gouvernement conduit par le PAM. Le débat à huis clos des membres du Conseil national doit désormais confirmer cette orientation, actant ainsi la posture que le PJD adoptera durant la prochaine législature pour tenter de reconquérir son influence passée.

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