À quelques jours des législatives du 23 septembre, le Parti de la justice et du développement (PJD) a choisi de ne pas s’engager dans la polémique autour d’éventuels progrès diplomatiques entre le Maroc et Israël, préférant recentrer ses militants sur la campagne électorale.
Rumeurs d’un rapprochement diplomatique
Des médias israéliens ont relayé des informations selon lesquelles un accord tripartite aurait été signé à New York, impliquant le Maroc, Israël et les États‑Unis, et prévoyant l’élévation du niveau de représentation entre Rabat et Tel‑Aviv au rang d’ambassades, avec la nomination d’ambassadeurs. Aucun communiqué officiel du gouvernement marocain n’a confirmé ces allégations à ce jour.
Réaction du PJD et consignes de Benkirane
En réponse à la diffusion de ces informations, le secrétariat général du PJD s’est réuni en urgence jeudi matin. Abdelilah Benkirane, secrétaire général du parti, a signé un communiqué rappelant que la position du PJD sur la normalisation avec Israël reste « constante et ferme », rejetant toute forme d’accord avec ce qu’il qualifie d’« entité sioniste occupante ». Il a toutefois demandé à l’ensemble des militants de s’abstenir de commenter les publications, qu’elles proviennent du Maroc ou de l’étranger, afin de ne pas alimenter le débat public.
Priorité à la campagne électorale
Le parti a insisté sur la nécessité de mobiliser les derniers jours de campagne pour mettre en avant son bilan et son programme. Ce dernier se veut centré sur la lutte contre la corruption, la défense de l’intégrité territoriale du pays, ainsi que le soutien à la cause palestinienne, tout en promettant de garantir la dignité et les aspirations légitimes des citoyennes et citoyens marocains. Benkirane a souligné que ces thèmes, et non les spéculations sur les relations extérieures, doivent guider les électeurs dans leur choix.
Enjeux pour le paysage politique marocain
En choisissant de ne pas prendre position publiquement sur les rumeurs de normalisation, le PJD cherche à éviter d’éventuelles divisions internes et à se démarquer des débats qui pourraient détourner l’attention des enjeux nationaux. Cette stratégie intervient dans un contexte où plusieurs partis et mouvements politiques évaluent leurs positions vis‑à‑vis des relations avec Israël, un sujet sensible pour une partie de l’électorat. Le positionnement du PJD pourrait ainsi influencer la dynamique électorale, notamment parmi les électeurs attachés à la cause palestinienne et à la souveraineté nationale.