Johannes Natland, un adolescent norvégien de 19 ans, a été condamné à 20 ans de détention par la justice britannique pour avoir orchestré un projet d'assassinat commandité par le réseau criminel international « Foxtrot ». Ce cas illustre la montée en puissance du modèle de « violence-as-a-service » (VaaS), où des organisations criminelles recrutent des mineurs ou de jeunes adultes pour exécuter des crimes violents à distance.
Un recrutement orchestré par le réseau Foxtrot
L'enquête a révélé que Natland avait été enrôlé par le réseau Foxtrot, un groupe criminel d'origine suédoise lié au régime iranien et sous le coup de sanctions internationales. Peu après son 18e anniversaire, le jeune homme a voyagé de Stavanger, en Norvège, vers Manchester, muni d'un passeport d'urgence. Guidé par des instructions transmises via l'application de messagerie chiffrée Signal, il a rejoint Huddersfield, où il a récupéré des armes à feu, des munitions, une voiture volée et une somme d'argent liquide, se tenant prêt à exécuter une cible dont l'identité demeure, à ce jour, inconnue des autorités.
L'intervention policière comme seul rempart
L'arrestation de Natland en mars 2025 dans un hôtel de Huddersfield a permis de déjouer le projet in extremis. La police britannique a agi après avoir été alertée par les autorités norvégiennes, qui avaient appréhendé le recruteur de l'adolescent et découvert des preuves du complot sur son téléphone. Lors de son interpellation, le jeune homme était en possession de deux armes de poing chargées. La juge Cheema-Grubb a souligné lors du prononcé de la peine que, sans cette intervention rapide, le crime aurait été commis, malgré l'absence de lien personnel entre le tueur et sa cible potentielle.
La vulnérabilité des jeunes face aux réseaux criminels
Le parcours de Natland met en lumière les mécanismes de recrutement des réseaux criminels, qui exploitent des profils fragiles. Issu d'un milieu où il était un espoir du football, le jeune homme a sombré dans la toxicomanie dès l'âge de 13 ans, menant à un décrochage scolaire et à des épisodes de psychose. Sa rencontre avec un recruteur dans un centre pour mineurs en difficulté a marqué le début de son implication dans le réseau. Bien que la défense ait plaidé une altération du discernement liée à sa santé mentale et à sa consommation de stupéfiants, la justice a retenu la préméditation et la persistance de l'accusé dans son projet criminel, malgré plusieurs opportunités de se retirer.