Le Ghana se prépare à affronter les répercussions économiques d'un épisode climatique El Niño sévère, prévu entre novembre 2026 et avril 2027. Le statisticien du gouvernement, Dr Alhassan Iddrisu, exhorte les autorités à intégrer ces prévisions météorologiques dans la planification économique pour anticiper des pressions inflationnistes accrues.
Risques pour la production agricole et les prix
L'agriculture ghanéenne, pilier de l'économie, est particulièrement exposée aux perturbations des précipitations. Une baisse des rendements, notamment pour le cacao, pourrait entraîner une raréfaction de l'offre alimentaire sur les marchés locaux. Cette tension sur les produits de base risque de peser directement sur le budget des ménages, alors que le pays enregistrait en octobre 2026 un taux d'inflation de 5,5 %. Le Dr Iddrisu souligne que toute baisse de la production agricole se traduira inévitablement par une hausse des prix à la consommation.
Menace sur la production hydroélectrique
Au-delà des champs, c'est l'infrastructure énergétique qui est sous surveillance. La dépendance du Ghana à l'hydroélectricité, via le barrage d'Akosombo et d'autres réservoirs, rend le pays vulnérable aux périodes de sécheresse prolongée. Une diminution des apports en eau réduirait la capacité de production électrique, augmentant ainsi les coûts opérationnels des entreprises. Ces surcoûts, répercutés sur les biens et services, pourraient alimenter une inflation structurelle, l'électricité étant une composante clé de l'indice des prix à la consommation.
Vulnérabilité aux chocs importés
Le phénomène El Niño ne se limite pas aux frontières nationales. Le Ghana pourrait subir une « inflation importée » si les pays fournisseurs, notamment en Asie, voient leurs propres chaînes d'approvisionnement perturbées par les conditions climatiques. L'augmentation des coûts des matières premières sur les marchés internationaux pèserait sur la balance commerciale et le pouvoir d'achat local.
L'impératif d'une planification proactive
Face à ces projections, le statisticien du gouvernement insiste sur la nécessité d'une réponse politique anticipée. Il recommande aux décideurs de ne pas attendre que les effets climatiques se matérialisent pour agir. En intégrant les données de l'Agence météorologique du Ghana dans l'analyse économique, le gouvernement dispose d'une fenêtre d'opportunité pour mettre en place des mesures d'atténuation visant à protéger la stabilité des prix et à sécuriser les secteurs stratégiques avant que les difficultés ne deviennent critiques.