Le pétrolier DF Peak sous pavillon béninois au centre d'une enquête pour contournement de sanctions

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 19 lectures
Le pétrolier DF Peak sous pavillon béninois au centre d'une enquête pour contournement de sanctions

L'arraisonnement du pétrolier DF Peak au sud de La Réunion par la marine française met en lumière les pratiques de la flotte dite fantôme russe. Le navire, qui arborait un pavillon béninois jugé irrégulier, est désormais au cœur d'une enquête judiciaire pour transports illicites de carburants.

Une intervention sous le droit international

L'opération, menée le 12 octobre à 450 milles nautiques de La Réunion, s'appuie sur l'article 110 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer. Ce texte autorise les autorités françaises à vérifier la nationalité d'un bâtiment en cas de soupçons sur son immatriculation. L'examen des documents à bord a confirmé les irrégularités, conduisant la procureure de la République à ordonner le déroutement du navire de 244 mètres vers les eaux territoriales françaises pour des investigations approfondies.

Le Bénin face à l'usurpation de son pavillon

L'utilisation du pavillon béninois par le DF Peak s'inscrit dans un phénomène plus large de registres maritimes frauduleux. En juin dernier, les autorités béninises avaient déjà formellement démenti tout lien avec les pétroliers de la flotte fantôme, précisant que leur registre national n'est pas ouvert à l'international. Le Bénin figure d'ailleurs sur la liste des États ayant alerté l'Organisation maritime internationale sur l'existence de registres pirates utilisant indûment leur nom.

Les enjeux du contournement des sanctions russes

Le DF Peak, anciennement nommé Kaliningrad, est sous le coup de sanctions internationales imposées par les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Union européenne depuis 2024. Géré par une société basée à Hong Kong, le navire est suspecté de transporter du pétrole russe pour permettre à Moscou de maintenir ses exportations malgré les restrictions occidentales. Le navire, qui avait été repéré au large de Madagascar après un transit depuis le Venezuela, était partiellement chargé au moment de son interception.

Tensions diplomatiques et procédures judiciaires

La réaction de Moscou ne s'est pas fait attendre : l'ambassade de Russie en France a qualifié l'arraisonnement d'acte de piraterie, tout en cherchant à identifier la présence éventuelle de ressortissants russes au sein de l'équipage. Malgré ces protestations diplomatiques, la procédure judiciaire française se poursuit. Le navire reste sous escorte militaire, et les autorités françaises entendent désormais établir précisément les responsabilités liées aux activités illicites du bâtiment et à l'usage frauduleux du pavillon béninois.

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