Une intersyndicale regroupant six organisations du personnel navigant technique et commercial a déposé un préavis de grève couvrant la période du 17 au 21 octobre 2026. Ce mouvement social vise à contester les nouvelles dispositions du cumul emploi-retraite et la gestion financière de la caisse de retraite autonome du secteur.
Une contestation centrée sur le cumul emploi-retraite
Le cœur du conflit réside dans la réforme du cumul emploi-retraite, dont l'entrée en vigueur est prévue pour le 1er janvier 2027. Les syndicats dénoncent un dispositif qu'ils jugent « punitif et inadapté » aux réalités du métier. Concrètement, le texte prévoit une déduction intégrale de la pension pour les retraités reprenant une activité avant l'âge légal de 64 ans, et une retenue de 50 % pour ceux âgés de 64 à 67 ans. Les organisations professionnelles soulignent que ces mesures ne tiennent pas compte des contraintes médicales strictes imposées par l'aviation civile, qui peuvent contraindre les navigants à une fin de carrière prématurée.
Inquiétudes sur la gestion de la caisse autonome
Au-delà des conditions de cumul, l'intersyndicale exprime une vive opposition à la stratégie gouvernementale concernant la Caisse de retraite du personnel navigant (CRPN). Les syndicats accusent l'État de vouloir puiser dans les réserves de cette caisse autonome pour renflouer le régime général de retraite. Pour les représentants du personnel, cette manœuvre s'apparente à un détournement de fonds visant à affaiblir leur régime spécifique au détriment du pouvoir d'achat des navigants.
Un appel à la négociation
Malgré le dépôt de ce préavis qui menace de perturber le trafic aérien durant cinq jours en octobre, les organisations syndicales maintiennent une porte ouverte au dialogue. Elles appellent le gouvernement à rouvrir immédiatement les négociations pour trouver une issue qui préserve les spécificités de la profession. L'enjeu pour les voyageurs et les compagnies aériennes reste désormais l'évolution des discussions entre les deux parties dans les semaines à venir, alors que le climat social se tend également dans d'autres secteurs professionnels du pays.