Le Syndicat national du personnel des greffes (SYNAPGREF) a déposé un préavis de grève de quatorze jours, effectif dès le 31 août 2026. Ce mouvement social, acté lors d'une assemblée générale à la Cour d'appel de N'Djaména, souligne une rupture profonde entre les auxiliaires de justice et leur tutelle ministérielle sur des questions de rémunération et de gouvernance administrative.
Revendications salariales et dialogue rompu
Au cœur du conflit figurent les projets de décrets relatifs à la revalorisation des indemnités et à l'instauration d'une prime annuelle de rendement. Le syndicat dénonce une absence de volonté politique du ministère de la Justice, pointant du doigt le silence des autorités face à une demande de rencontre officielle formulée dès le 9 juin 2026. Le SYNAPGREF exige désormais la convocation immédiate de la commission interministérielle pour débloquer ces dossiers financiers, condition sine qua non pour éviter une paralysie prolongée du système judiciaire.
Tensions sur les procédures au Tribunal de grande instance
Le mécontentement syndical s'étend également à la gestion interne du Tribunal de grande instance (TGI) de N'Djaména. Le SYNAPGREF conteste formellement des notes circulaires émanant de la présidence du tribunal, imposant de nouvelles obligations de transcription et de rédaction de notes d'audience. Les greffiers qualifient ces directives d'abus d'autorité, arguant qu'elles témoignent d'une méconnaissance des prérogatives réelles liées à leur fonction et d'une confusion technique entre les notes et les résultats d'audience.
Conformité légale et présence de stagiaires
Un troisième point de friction concerne le respect du statut du personnel des greffes, régi par la loi du 15 mars 2022. Le syndicat dénonce la présence de stagiaires non qualifiés au sein des greffes du palais de justice de N'Djaména, lesquels accompliraient des actes réservés exclusivement aux greffiers assermentés. Cette situation est perçue comme une violation directe du cadre légal en vigueur. Le SYNAPGREF réclame le retrait immédiat de ces personnes des postes de greffe pour garantir la légalité des actes produits.
Une mobilisation sous surveillance
Sous l'impulsion de son président, Me Ngartebaye Enoch, le syndicat appelle à une mobilisation générale pour faire valoir ses droits. L'issue de ce mouvement sera évaluée lors d'une nouvelle assemblée générale prévue le 16 septembre 2026. Cette échéance déterminera la suite de la stratégie syndicale, alors que le secteur judiciaire tchadien fait face à des tensions récurrentes sur les conditions d'exercice de ses agents.