Le Pentagone a engagé une procédure de sécurité exceptionnelle en soumettant environ cinquante membres de son état-major interarmées à des tests de détection de mensonges. Cette opération fait suite à la publication dans la presse de rapports confidentiels alertant sur l'épuisement des stocks de munitions américaines, notamment les missiles longue portée et les systèmes de défense Patriot, dans le cadre du conflit avec l'Iran.
Une mesure de coercition inédite
L'utilisation massive du polygraphe au sein des hautes sphères de l'armée américaine constitue une démarche sans précédent dans l'histoire moderne du département de la Défense. Selon des sources proches du dossier, cette campagne de tests ne vise pas seulement à identifier les auteurs des fuites, mais cherche également à instaurer un climat de dissuasion pour prévenir toute divulgation future d'informations classifiées. Le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, a réaffirmé que la protection des données sensibles est une priorité absolue pour la sécurité des troupes déployées mondialement.
Tensions internes et climat de méfiance
Cette traque aux sources s'inscrit dans un contexte de défiance généralisée au sein du ministère de la Défense, exacerbé par la gestion du secrétaire à la Défense, Pete Hegseth. Depuis son arrivée, M. Hegseth a écarté ou bloqué la promotion de près de 80 officiers généraux et hauts responsables. Cette politique de ressources humaines, couplée à des accusations de partage d'informations sensibles via des messageries privées, a profondément déstabilisé l'institution militaire.
La pression politique de l'administration Trump
La répression des fuites est également portée par une volonté politique directe de la Maison-Blanche. Le président Donald Trump a publiquement qualifié de « trahison » les articles de presse traitant des pénuries de munitions et de la conduite des opérations en Iran. Cette ligne dure s'est traduite par des mesures de rétorsion contre les médias spécialisés, incluant le limogeage récent de la direction de Stars and Stripes, une publication militaire indépendante, après la parution d'enquêtes sur les conditions de vie dégradées à bord du porte-avions USS Abraham Lincoln. Malgré les critiques, le chef du Pentagone conserve le soutien indéfectible du président américain.