Le département de la Défense des États-Unis a engagé 24 millions de dollars pour intégrer des robots humanoïdes dans ses opérations militaires. Ces machines, conçues par la startup californienne Foundation Future Industries, sont déjà testées sur le terrain, notamment en Ukraine, marquant une nouvelle étape dans l'automatisation des conflits armés.
Un déploiement opérationnel sous contrat militaire
Le modèle Phantom MK-1, capable de porter des charges lourdes de 40 kilogrammes, fait l'objet d'un contrat d'envergure avec le Pentagone. À ce jour, une dizaine d'unités ont été déployées auprès de l'US Air Force et dans des zones de conflit actives. Si l'usage actuel se concentre sur la logistique en environnement dangereux, l'ambition de l'entreprise dépasse le simple soutien technique. Le PDG Sankaet Pathak a publiquement évoqué la nécessité pour ces systèmes d'être « mortels » afin de sécuriser les zones d'intervention, une vision qui transforme radicalement la nature des missions robotiques sur le champ de bataille.
Enjeux éthiques et pressions politiques
L'implication d'Eric Trump, en tant qu'investisseur et conseiller stratégique au sein de Foundation Future Industries, alimente un débat persistant sur les conflits d'intérêts. Au-delà de la gouvernance, l'intégration de ces technologies soulève des questions juridiques et éthiques complexes. Un rapport récent de l'université de Stanford pointe les risques liés à la responsabilité en cas d'erreurs de ciblage, à la vulnérabilité face aux cyberattaques et à la fiabilité globale des systèmes autonomes en situation réelle.
Défis industriels et souveraineté technologique
L'entreprise, qui loue ses unités 100 000 dollars par an, cherche à monter en puissance avec une capacité de production annuelle estimée entre 300 et 500 robots. Ce développement s'inscrit dans un contexte de protectionnisme technologique accru : le gouvernement américain a récemment interdit l'importation de robots humanoïdes étrangers pour des raisons de sécurité nationale. Foundation Future Industries doit désormais adapter sa chaîne d'approvisionnement pour réduire sa dépendance aux composants chinois, afin de respecter les nouvelles exigences de souveraineté industrielle imposées par Washington d'ici 2028.