Avec 25 millions d’euros de pénalités perçues en 2025, la Sanef illustre les dérives d’un système de péage à flux libre qui transforme les oublis des automobilistes en une manne financière pour les concessionnaires.
Un système censé fluidifier le trafic, mais qui rapporte gros aux concessionnaires
Adopté sur des axes majeurs comme l’A79 ou l’A69, le péage à flux libre supprime les barrières physiques au profit d’un paiement dématérialisé, via caméras et télébadges. Si l’objectif affiché est de réduire les embouteillages et d’améliorer l’expérience des usagers, le dispositif repose sur une contrainte : sans équipement, l’automobiliste dispose de 72 heures pour régler son passage. Passé ce délai, des pénalités s’appliquent, allant de 10 € après 72 heures à 375 € au-delà de deux mois.
Des pénalités qui dépassent largement les recettes de péage
Selon l’Autorité de régulation des transports (ART), les retards de paiement génèrent des revenus bien supérieurs aux montants perçus dans les délais. Sur la concession du Mont-Blanc, une projection pour 2029 estime que les pénalités pourraient atteindre 18,9 millions d’euros, contre 4,8 millions pour les péages réglés à temps. Un rapport de quatre à un qui s’explique par des taux initiaux de non-paiement élevés chez les conducteurs non équipés de télébadge, avant que l’envoi des pénalités ne réduise progressivement ces taux.
Un amendement pour adoucir les pénalités, mais le système reste critiqué
Face à la grogne des usagers, un amendement adopté en commission propose d’ajouter une étape intermédiaire : un avis de paiement sans pénalité dans les 15 jours, suivi d’un délai supplémentaire d’un mois avec une pénalité minorée. Ce texte, en attente d’examen en séance publique, vise à limiter les oublis coûteux. Pourtant, le système continue de susciter des interrogations sur son équité et sa transparence, alors que les concessionnaires comme la Sanef en tirent des profits records.