La récente sortie du commissaire à la Jeunesse et aux Sports de l'État de Borno, Sainna Buba, menaçant de châtiments corporels les citoyens refusant de soutenir le parti au pouvoir lors des élections de 2027, suscite une vive polémique. Le Peoples Democratic Party (PDP), principale formation d'opposition, a fermement condamné ces propos, y voyant une dérive autoritaire susceptible de fragiliser le climat électoral.
Une rhétorique jugée indigne d'une fonction publique
Pour le secrétaire national à la publicité du PDP, Jungudo Haruna Mohammed, ces déclarations sont totalement incompatibles avec les responsabilités d'un membre du conseil exécutif de l'État. Le parti d'opposition souligne qu'un responsable public se doit d'incarner une conduite exemplaire, loin de toute forme d'intimidation physique. Selon le PDP, cette approche, qualifiée de « barbare », ne sert pas les intérêts du parti au pouvoir, le All Progressives Congress (APC), mais risque au contraire de détourner durablement l'électorat.
Risques pour la stabilité dans le Borno
Au-delà de la joute partisane, le PDP exprime une inquiétude profonde concernant la sécurité dans l'État de Borno, une région historiquement marquée par une grande fragilité. L'opposition craint que de tels discours incendiaires ne servent de catalyseur à des violences électorales, compromettant ainsi la tenue d'un scrutin apaisé en 2027. Le parti appelle à une vigilance accrue pour éviter que le climat politique ne s'envenime davantage dans une zone déjà vulnérable.
Appel à la responsabilité des autorités
Face à cette situation, le PDP a exhorté le gouverneur de l'État de Borno à prendre des mesures disciplinaires à l'encontre du commissaire incriminé. Parallèlement, la direction du parti a demandé à ses propres militants de ne pas céder à la provocation et de ne pas répondre par des discours similaires. Le PDP affirme vouloir maintenir une posture légaliste, tout en réitérant son ambition de remporter les prochaines échéances électorales par des moyens démocratiques et pacifiques.