Le gouvernement australien envisage d'imposer aux plateformes numériques la possibilité pour les utilisateurs de désactiver les algorithmes de personnalisation au profit d'un flux chronologique. Cette initiative suscite une vive opposition d'Adam Mosseri, le patron d'Instagram, qui y voit une menace directe pour l'expérience utilisateur et le modèle économique de la plateforme.
Les risques d'une navigation sans algorithme
Pour le dirigeant d'Instagram, l'abandon des algorithmes de recommandation au profit d'un affichage strictement chronologique ne répondrait pas aux attentes réelles des usagers. Adam Mosseri soutient que cette mesure saturerait les fils d'actualité de contenus promotionnels, les marques et entreprises publiant à une fréquence bien plus élevée que les particuliers. Selon lui, cette transformation entraînerait une baisse de l'intérêt des utilisateurs, une diminution de l'engagement global et, par ricochet, une frustration accrue chez les créateurs de contenus dont la portée serait mécaniquement réduite.
La défense du modèle de Meta
Au-delà des enjeux techniques, le débat porte sur la nature même de l'usage des réseaux sociaux. Adam Mosseri conteste fermement le caractère addictif de sa plateforme, réfutant toute comparaison avec des dépendances cliniques. Cette position intervient alors que Meta tente de contenir les critiques internationales sur ses méthodes de captation de l'attention. En août 2026, l'entreprise a notamment conclu un accord financier de 18 milliards de dollars avec plusieurs États américains pour clore des poursuites liées à ses pratiques, tout en acceptant de restreindre l'accès à ses services pour les mineurs, incluant des limites de temps quotidien et des coupures nocturnes.
Entre transparence et opacité des données
Si le patron d'Instagram reconnaît que les algorithmes actuels, qu'il qualifie de « boîte noire », peuvent parfois être mal optimisés, il privilégie une approche basée sur le contrôle granulaire plutôt que sur la désactivation totale. L'entreprise met en avant des outils permettant aux utilisateurs de masquer certaines thématiques de leurs recommandations. Toutefois, cette stratégie de défense peine à convaincre les régulateurs, qui voient dans la personnalisation algorithmique un levier de puissance économique dont la transparence reste, à ce jour, largement insuffisante.