Le Pastef exige une transparence totale sur la dette sénégalaise avant tout nouvel accord avec le FMI

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 24 lectures
Le Pastef exige une transparence totale sur la dette sénégalaise avant tout nouvel accord avec le FMI

Le parti Pastef-Les Patriotes a posé ses conditions suite à l'annonce d'un accord technique entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) portant sur 1 243 milliards de francs CFA. Le groupe parlementaire exige une mise en lumière complète sur la gestion passée des finances publiques avant toute validation de ce programme de 36 mois, plaçant la question de la responsabilité politique au cœur des débats.

Un audit de la dette publique en question

Pour le député Ayib Daffé, président du groupe parlementaire Pastef, la restructuration financière ne peut occulter le passif accumulé. S'appuyant sur les données de juillet 2026, il rappelle que l'endettement du secteur public atteignait 25 583 milliards de francs CFA à fin 2024, dont 16 894 milliards de dette extérieure. Le parti insiste sur la nécessité d'établir une traçabilité rigoureuse des engagements contractés, soupçonnant l'existence de dettes qui n'auraient pas été correctement retracées dans les comptes publics officiels.

L'Assemblée nationale face à ses responsabilités

Le Pastef interpelle directement l'institution parlementaire pour qu'elle se saisisse pleinement du dossier. Ayib Daffé appelle à l'utilisation des outils de contrôle classiques : auditions, missions d'information et, si nécessaire, la création d'une commission d'enquête parlementaire. L'objectif est de clarifier les conditions de signature des emprunts passés et d'identifier les autorités responsables de la situation actuelle, afin de garantir une transparence totale sur les engagements financiers du pays.

La protection du pouvoir d'achat des citoyens

Au-delà de la technique financière, le parti exprime une inquiétude sociale majeure : le coût de l'ajustement. Alors que le gouvernement s'apprête à négocier les modalités de remboursement, le Pastef prévient qu'il s'opposera à toute mesure qui ferait peser le poids de la restructuration sur les ménages. Le parti rejette par avance toute hausse de la pression fiscale, réduction des subventions ou compression des dépenses sociales, martelant que les citoyens ne doivent pas être les victimes collatérales du redressement des finances publiques.

Des interrogations sur les impacts économiques

Le gouvernement est désormais attendu sur des réponses précises concernant la stratégie de restructuration. Le Pastef exige des éclaircissements sur les créanciers sollicités, les contreparties exigées par les bailleurs et les conséquences réelles sur le tissu économique national. L'enjeu est de mesurer l'impact de ces décisions sur les entreprises, l'investissement privé et l'emploi, dans un contexte où le besoin brut de financement de l'État pour 2026 dépasse les 6 075 milliards de francs CFA.

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