Le Parti vert britannique appelle à un gel immédiat de l'approbation de nouveaux centres de données en Angleterre, invoquant une pression insoutenable sur les ressources en eau et en électricité. Cette demande intervient alors que le gouvernement a classé ces infrastructures comme critiques en 2024, suscitant des inquiétudes sur la priorité accordée à l'intelligence artificielle face aux besoins domestiques.
Une consommation de ressources sous surveillance
Bien qu'aucune donnée officielle ne permette de quantifier précisément l'usage hydrique des centres de données au Royaume-Uni, les estimations du Water Research Centre suggèrent une consommation annuelle d'environ 1,9 milliard de litres d'eau potable. Cette tendance à la hausse inquiète les défenseurs de l'environnement, d'autant que de nombreuses installations sont concentrées dans le sud de l'Angleterre, une région régulièrement frappée par des épisodes de sécheresse. Le Parti vert préconise désormais une transparence totale, exigeant que les propriétaires publient des rapports annuels sur leur consommation réelle d'eau et d'énergie.
Le débat sur le statut d'infrastructure critique
Le classement des centres de données en tant qu'« infrastructure critique » en 2024 leur confère un soutien gouvernemental renforcé, notamment en cas de cyberattaques ou d'aléas climatiques. Pour les opposants, ce statut pourrait théoriquement placer les besoins de ces serveurs au-dessus de ceux des ménages en cas de pénurie d'eau. Le gouvernement réfute cette interprétation, affirmant qu'aucune priorité automatique n'est accordée aux entreprises technologiques, tout en soulignant que les fuites dans le réseau de distribution d'eau représentent une perte bien plus importante que la consommation des centres de données.
Enjeux économiques et souveraineté numérique
Face à la proposition de moratoire, l'exécutif britannique affiche une position ferme, arguant qu'un coup d'arrêt aux projets de construction nuirait gravement à l'attractivité du pays. Selon un porte-parole du gouvernement, une telle mesure entraînerait une fuite des investissements et des emplois vers l'étranger, tout en rendant le Royaume-Uni dépendant de puissances tierces pour le traitement de données sensibles, notamment dans les secteurs de la santé et de la défense. Le gouvernement insiste toutefois sur le fait que ce soutien ne constitue pas un « chèque en blanc » et que les développeurs doivent désormais intégrer des exigences strictes en matière d'énergie propre et de responsabilité locale.