Le Parti Socialiste sénégalais interpelle le gouvernement sur la gestion des finances publiques

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 30 lectures
Le Parti Socialiste sénégalais interpelle le gouvernement sur la gestion des finances publiques

Le Parti Socialiste (PS) sénégalais a exprimé de vives inquiétudes concernant la gestion économique actuelle, ciblant directement la communication du ministre des Finances, Cheikh Diba. Par la voix de son porte-parole Abdoulaye Vilane, la formation politique dénonce un manque de rigueur dans l'exposé des indicateurs financiers et appelle à une rupture avec les méthodes de communication jugées purement politiques.

Exigences de transparence sur la dette et le budget

Le PS pointe du doigt plusieurs zones d'ombre dans la stratégie financière du gouvernement. Concernant l'accord avec le FMI, le parti rappelle que le montant de 2,2 milliards reste à ce stade une simple validation technique, sans décaissement effectif avant l'aval du Conseil d'administration. Les critiques portent également sur la gestion de la dette, le PS exigeant des précisions sur les modalités de restructuration ou de reprofilage envisagées, ainsi que sur leurs répercussions potentielles pour le secteur bancaire. La question du bouclage budgétaire et de la disponibilité réelle des 300 milliards destinés au règlement des créances des entreprises demeure, selon le parti, une interrogation majeure.

Incertitudes sur la trajectoire énergétique et financière

L'analyse du PS souligne une fragilité dans la maîtrise des coûts. Le parti conteste la solidité des chiffres avancés concernant la baisse de 30 % du coût de l'énergie, réclamant des preuves tangibles et une trajectoire claire. Par ailleurs, les perspectives de remboursement de la dette sont jugées préoccupantes : avec des intérêts projetés à 25 FCFA pour 100 en 2026 et une note dégradée par l'agence Moody's, le PS alerte sur le coût prohibitif de l'emprunt sur les marchés financiers, estimant que la capacité à emprunter ne garantit pas pour autant des conditions soutenables pour l'État.

Vers une exigence de probité dans la parole publique

Au-delà des chiffres, le Parti Socialiste pose un débat sur la gouvernance et l'éthique de la parole publique. Abdoulaye Vilane insiste sur le fait que la confiance des citoyens et des investisseurs ne peut reposer sur des effets d'annonce. Le parti énonce six principes directeurs, parmi lesquels la primauté de l'intérêt général sur les agendas partisans et l'impératif de compétence technique dans la gestion des dossiers ministériels. Pour le PS, le redressement du pays nécessite une communication fondée sur des données vérifiables plutôt que sur une volonté de sauver les apparences, dans un contexte où le pays traverse, selon eux, une crise de confiance institutionnelle.

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