Le Parti socialiste sénégalais face à une crise de légitimité interne devant la justice

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 6 lectures
Le Parti socialiste sénégalais face à une crise de légitimité interne devant la justice

La crise de gouvernance au sein du Parti socialiste (PS) sénégalais franchit une nouvelle étape avec la saisine des tribunaux par un groupe de cadres contestataires. Ces derniers, menés par Daour Sagna, dénoncent une gestion irrégulière des instances du parti et réclament le départ de la secrétaire générale, Aminata Mbengue Ndiaye, au nom du respect des statuts internes.

Une contestation fondée sur les statuts du parti

Le cœur du litige repose sur l'interprétation des textes régissant le fonctionnement du PS. Selon les frondeurs, le mandat d'intérim d'Aminata Mbengue Ndiaye, débuté après le décès d'Ousmane Tanor Dieng en 2019, aurait dû prendre fin en 2021. En s'appuyant sur les articles 30 et 33 des statuts, ils soutiennent que l'absence de tenue d'un congrès ordinaire tous les quatre ans rend la direction actuelle illégitime. Daour Sagna pointe également un affaiblissement structurel du parti, marqué par le départ de nombreux cadres et une stagnation idéologique.

Le choix de la voie judiciaire

Lors d'une conférence de presse tenue à Thiès le 4 novembre 2026, les contestataires ont tenu à clarifier leurs intentions. Ils réfutent toute volonté de judiciariser la vie politique pour obtenir l'emprisonnement de la secrétaire générale. Pour eux, le recours à la justice constitue une alternative pacifique à la confrontation physique, notamment après les incidents survenus à la Maison du parti à Colobane, où des militants auraient été empêchés d'accéder aux locaux par des dispositifs de sécurité privés.

Un plan d'action pour le renouvellement

Loin de se limiter à cette procédure, le groupe de Daour Sagna affirme agir de manière autonome, rejetant toute influence extérieure. Ils appellent Aminata Mbengue Ndiaye à anticiper une issue judiciaire défavorable en démissionnant de ses fonctions. Ce recours juridique s'inscrit, selon les frondeurs, dans une stratégie plus large comprenant 93 points d'action. Ils prévoient désormais une mobilisation pacifique pour exiger l'ouverture des locaux de la Maison du parti et le renouvellement des instances dirigeantes, condition sine qua non, selon eux, pour assurer la survie politique de leur formation.

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