Un mois après son lancement officiel, le parti Kiiraay, formation politique du président Bassirou Diomaye Faye, affiche une dynamique de terrain contrastée. Si les ralliements d'élus locaux se multiplient, la conquête des grandes agglomérations sénégalaises reste un défi majeur pour la nouvelle structure présidentielle.
Le défi de l'ancrage dans les capitales régionales
Sur les quatorze capitales régionales que compte le Sénégal, une seule est dirigée par un maire ayant officiellement rejoint les rangs de Kiiraay. Il s'agit de Tambacounda, où l'édile Pape Banda Dièye a formalisé son adhésion lors d'une assemblée générale le 9 août dernier, en présence de membres du gouvernement. Cette victoire symbolique demeure toutefois isolée, Tambacounda ne représentant pas le poids démographique et politique des principaux pôles urbains du pays.
Une stratégie de ralliement tournée vers les zones rurales
En dehors de ce cas spécifique, l'essentiel des soutiens enregistrés par le parti provient de communes rurales ou de capitales départementales à l'influence plus restreinte. Bien que le maire de Mbour, Issa Sall, constitue une exception notable parmi les grandes communes ayant basculé dans le camp présidentiel, la tendance générale montre une implantation plus forte dans les zones périphériques que dans les grands centres urbains. Cette stratégie d'implantation, portée par des meetings intensifs, notamment dans le département de Podor, vise à structurer le parti par la base, en misant sur la mobilisation de la jeunesse.
La réserve stratégique des grands édiles
La situation à Thiès, troisième ville du Sénégal, illustre les limites actuelles de cette dynamique. Malgré des relations cordiales entre le maire Babacar Diop et le chef de l'État, l'édile maintient une distance politique et n'a pas officialisé son adhésion à Kiiraay. Cette prudence de certains élus locaux de premier plan souligne un décalage entre l'activisme militant déployé sur le terrain et la réalité du paysage politique institutionnel. Pour le parti présidentiel, qui revendique une position majoritaire, cette faible représentativité au sein des grandes mairies constitue un enjeu structurel majeur pour les échéances électorales à venir.