La récente sortie publique de Serigne Moustapha Sy, guide spirituel des Moustarchidines, concernant ses rapports avec le Premier ministre Ousmane Sonko, a suscité une réaction mesurée au sein de la formation au pouvoir. Plutôt que d'engager une confrontation verbale, les cadres du Pastef ont adopté une posture de sobriété, illustrant une volonté manifeste d'éviter toute escalade polémique avec une figure influente de la sphère religieuse sénégalaise.
La révélation d'une rencontre déclinée
Lors de la célébration du Mawlid à Tivaouane, Serigne Moustapha Sy a publiquement affirmé avoir refusé une demande d'entretien formulée par Ousmane Sonko. En précisant que cette décision émanait de sa seule initiative, le guide religieux a mis en lumière une distance politique et personnelle entre les deux hommes. Cette déclaration, qui aurait pu servir de catalyseur à un débat public houleux, a été accueillie avec une retenue notable par les responsables du parti au pouvoir.
La stratégie du silence chez les cadres du Pastef
Face à ces propos, les figures de proue du Pastef ont choisi de ne pas répondre sur le fond. El Malick Ndiaye, président de l'Assemblée nationale, a résumé cette ligne de conduite par un laconique « Focus », suggérant une priorité accordée aux dossiers de gouvernance plutôt qu'aux échanges interpersonnels. Cette approche vise à maintenir la cohésion du parti et à éviter de détourner l'attention des citoyens des enjeux politiques et économiques actuels.
Une posture inspirée par la tradition
D'autres responsables, à l'instar de Cheikh Thioro Mbacké, ont justifié cette absence de riposte par des références aux enseignements spirituels. En citant une recommandation attribuée à Cheikh Ahmadou Bamba, selon laquelle le silence constitue parfois la réponse la plus appropriée, les cadres du Pastef cherchent à désamorcer toute tension potentielle. Cette gestion de la communication souligne la prudence du parti face aux acteurs religieux, dans un contexte où la stabilité politique demeure un enjeu majeur pour l'exécutif.