Le Bureau politique national de Pastef-Les Patriotes a officiellement validé la décision de son groupe parlementaire de rejeter le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026. Cette position, qualifiée par le parti de démarche responsable, met en lumière des divergences profondes sur la gestion des finances publiques et les priorités budgétaires du gouvernement.
Exigence de sincérité et accès aux documents budgétaires
Au cœur de la contestation, Pastef dénonce une opacité persistante dans l'élaboration du texte. Le parti pointe un manque de sincérité budgétaire, s'appuyant sur des prévisions jugées irréalistes. Surtout, les députés déplorent l'absence de documents techniques cruciaux pour tout contrôle démocratique, notamment les rapports d'exécution budgétaire de septembre 2026, ainsi que les audits réalisés par l'Inspection générale des finances (IGF) et le cabinet Forvis Mazars. Pour la formation politique, cette rétention d'informations empêche une analyse rigoureuse des arbitrages financiers opérés par l'exécutif.
Critiques sur le pouvoir d'achat et la protection sociale
Le parti au pouvoir exprime également une vive inquiétude concernant les mesures sociales contenues dans le projet. Alors que l'inflation pèse lourdement sur les ménages sénégalais, Pastef juge les dispositions du PLFR 2026 insuffisantes pour stabiliser le coût des produits de première nécessité. Le Bureau politique estime que les mécanismes de solidarité prévus ne sont pas à la hauteur des besoins des couches les plus vulnérables, soulignant un décalage entre les mesures proposées et la réalité économique vécue par les citoyens.
Arbitrages budgétaires et secteurs stratégiques
Enfin, le rejet du texte est motivé par une opposition frontale à la réduction des ressources allouées aux investissements prioritaires. Pastef pointe du doigt des coupes budgétaires affectant des secteurs qu'il considère comme les piliers du développement national : la santé, l'éducation, la formation professionnelle et l'hydraulique. En soutenant ses députés, le parti affirme que ces choix budgétaires ne répondent pas aux impératifs de développement du pays, réitérant sa volonté de privilégier l'intérêt national sur toute autre considération politique.