La vice-présidente de PASTEF, Yassine Fall, a apporté son soutien à la démarche du Premier ministre Ousmane Sonko visant à instaurer un contrôle strict sur les fonds politiques. Cette prise de position s'inscrit dans une volonté affirmée de réformer la gestion des ressources publiques, en conciliant impératifs de sécurité nationale et exigences de reddition des comptes.
Une distinction entre secret d'État et opacité financière
Le débat, suivi de près par Yassine Fall depuis l'étranger, repose sur une clarification essentielle apportée par le chef du gouvernement. Si la nécessité de dépenses confidentielles pour des secteurs stratégiques comme le renseignement est actée, elle ne doit plus justifier une absence totale de contrôle. Pour la dirigeante politique, la transparence ne constitue pas une fragilisation de l'appareil d'État, mais au contraire le socle indispensable à la crédibilité des institutions et à la confiance des citoyens envers leurs gouvernants.
Vers une proposition de loi sur les caisses noires
La réflexion politique se transforme désormais en initiative législative concrète. Le député Guy Marius Sagna a annoncé le dépôt prochain d'un texte porté par le groupe parlementaire PASTEF. Cette proposition de loi, qui pourrait également être portée par le gouvernement, vise à encadrer juridiquement les fonds spéciaux, souvent désignés sous le terme de « caisses noires ». L'objectif est d'aligner la gestion de ces ressources sur les principes de transparence inscrits dans le programme Jotna de 2019.
La souveraineté au cœur de l'action publique
Ancienne ministre, Yassine Fall replace cette réforme dans une vision plus large de la gouvernance sénégalaise. Elle insiste sur le fait que la souveraineté et la justice doivent demeurer les piliers de l'action publique. La conciliation entre la protection des intérêts stratégiques de l'État et l'obligation de rendre compte des finances publiques représente un enjeu majeur pour l'administration actuelle. Cette démarche témoigne d'une volonté de rompre avec les pratiques antérieures, en soumettant les dépenses sensibles à des mécanismes de contrôle rigoureux, sans pour autant compromettre la sécurité nationale.