Le parti Kiiraay met en cause la gestion du Compte Jamm par le gouvernement, dénonçant 3,7 milliards de francs CFA dépensés sans justification

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 32 lectures
Le parti Kiiraay met en cause la gestion du Compte Jamm par le gouvernement, dénonçant 3,7 milliards de francs CFA dépensés sans justification

Le mouvement Kiiraay accuse le Premier ministre Ousmane Sonko d’avoir utilisé 3,7 milliards de francs CFA du Compte Jamm, fonds dédié à la paix en Casamance, sans fournir d’explication précise. Le parti réclame une reddition de comptes exhaustive et dénonce une transparence appliquée « à géométrie variable » par le gouvernement.

Des dépenses jugées incompatibles avec la mission du fonds

Selon le communiqué de Kiiraay, les sommes déboursées entre 2025 et 2026 auraient servi à l’achat de véhicules et à la réfection d’un bâtiment administratif de la Primature. Le parti estime que ces postes de dépense n’ont aucun lien direct avec les objectifs de consolidation de la paix en Casamance, qui étaient à l’origine de la création du compte.

Le cadre juridique du Compte Jamm

Institué par un décret de 2004 sous la présidence d’Abdoulaye Wade, le Compte Jamm pour la Paix en Casamance est placé sous l’autorité de la Primature et se distingue des fonds de la présidence. Kiiraay rappelle que le même dispositif avait déjà déboursé 2 milliards de francs CFA en 2025, puis 1,7 milliard en 2026, avant les dépenses contestées. Le parti souligne que le décret prévoit une utilisation stricte au service du processus de paix.

Réponses du Premier ministre et du Conseil constitutionnel

Ousmane Sonko a défendu la légalité du dispositif, rappelant que le fonds spécial repose sur un texte de loi signé en 2004. Il a toutefois fourni des explications « vagues » sur la nature exacte des dépenses, ce qui a alimenté les critiques de Kiiraay. Par ailleurs, le Conseil constitutionnel a déclaré irrecevable, ce mardi, la proposition de loi visant à encadrer les fonds politiques attribués à la présidence, décision que Kiiraay interprète comme un nouveau signe d’incohérence institutionnelle.

Implications pour la paix et le développement en Casamance

Le parti rappelle que des décennies de conflit ont laissé les populations casamançaises en attente des « dividendes de la paix ». Une gestion opaque du Compte Jamm risque de compromettre la confiance des communautés locales et de freiner les initiatives de réconciliation. Kiiraay exige donc que la reddition de comptes soit appliquée à tous les acteurs, sans privilège ni sélectivité, afin de garantir que les ressources allouées contribuent réellement à la stabilité et au développement de la région.

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