Le Parti authenticité et modernité (PAM), fort de ses 97 sièges obtenus lors des récentes élections législatives, se trouve au cœur d'un processus crucial pour la formation du futur exécutif marocain. Si la Constitution impose au parti arrivé en tête de diriger le gouvernement, l'absence de majorité absolue contraint la formation à engager des négociations complexes pour réunir les 198 sièges nécessaires à la gouvernance.
L'impératif d'une coalition parlementaire
Avec 395 sièges à la Chambre des représentants, le seuil de la majorité absolue est fixé à 198. Le PAM, bien que leader, ne peut gouverner seul et doit impérativement s'allier à d'autres forces politiques. Le paysage parlementaire est marqué par la présence du Rassemblement national des indépendants (RNI) avec 66 sièges, de l'Istiqlal avec 65 sièges et du Parti de la justice et du développement (PJD) avec 54 sièges. La phase de consultations, encadrée par l'article 47 de la Constitution, est désormais ouverte pour définir les contours d'une équipe gouvernementale capable de porter un programme cohérent.
Les scénarios d'alliances possibles
Plusieurs configurations arithmétiques sont sur la table. L'option la plus directe consisterait à reconduire la majorité sortante composée du PAM, du RNI et de l'Istiqlal, totalisant 228 sièges. Cette alliance offrirait une stabilité numérique, mais impliquerait une redistribution des cartes : le PAM, en tant que première force, occuperait une position centrale, modifiant le rapport de force traditionnel avec ses partenaires. D'autres combinaisons sont envisageables, notamment en intégrant des formations de taille moyenne comme le Mouvement populaire, l'Union socialiste des forces populaires (USFP) ou le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS), permettant d'atteindre le seuil requis par des voies alternatives.
Le positionnement de l'opposition
Dans ce jeu d'alliances, le PJD a clarifié sa position en annonçant son intention de siéger dans l'opposition. Cette décision, validée par le Conseil national du parti, écarte toute participation à un gouvernement dirigé par le PAM. Cette posture simplifie l'équation pour le parti vainqueur, qui doit désormais concentrer ses efforts de négociation sur les formations prêtes à s'inscrire dans une majorité de gouvernement. Au-delà du simple calcul des sièges, la réussite de ces tractations dépendra de la capacité des partenaires à s'accorder sur les priorités programmatiques et la répartition des portefeuilles ministériels, des éléments qui détermineront la solidité de la future coalition.