Au lendemain des élections législatives marocaines, le Parti authenticité et modernité (PAM) se retrouve au centre du jeu politique avec la mission de constituer une coalition gouvernementale. Avec 97 sièges obtenus sur les 395 que compte la Chambre des représentants, la formation doit désormais naviguer entre des alliances stratégiques pour atteindre la majorité absolue de 198 sièges.
L'impératif des alliances parlementaires
La configuration actuelle de l'hémicycle impose au PAM de nouer des partenariats solides pour gouverner. Pour atteindre le seuil requis de 198 sièges, le parti arrivé en tête doit impérativement s'entendre avec au moins deux autres formations majeures parmi lesquelles figurent le Rassemblement national des indépendants (RNI), l'Istiqlal et le Parti de la justice et du développement (PJD). Cette phase de négociation, qui débutera formellement après la nomination du chef du gouvernement par le roi, déterminera la stabilité de la prochaine législature.
La posture tranchée du PJD
Bien que le PAM ait déclaré ne s'imposer aucune ligne rouge, incluant théoriquement le PJD dans ses perspectives de discussion, la réalité politique semble plus complexe. Fatima Ezzahra El Mansouri, coordinatrice de la direction collégiale du PAM, a souligné des divergences idéologiques profondes, notamment sur les visions sociétales. De son côté, le secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane, a d'ores et déjà écarté toute participation à une coalition menée par le PAM, qualifiant le parti de « dangereux » et affirmant sa volonté de basculer dans l'opposition.
Vers une reconduction de la majorité sortante ?
Face au refus catégorique du PJD, l'hypothèse d'une alliance avec le RNI (66 sièges) et l'Istiqlal (65 sièges) gagne en crédibilité. Cette option permettrait de reconstituer une base parlementaire cohérente, bien que le RNI ait récemment essuyé un vote sanction lors du scrutin. La capacité du PAM à fédérer ces forces malgré les résultats électoraux disparates sera le premier test de sa nouvelle légitimité à la tête du pouvoir exécutif.