Le Parti authenticité et modernité (PAM) s'est imposé comme la première force politique à l'issue des élections législatives, décrochant 97 des 395 sièges de la Chambre des représentants. Ce résultat intervient dans un climat de désaffection électorale marquée, le taux de participation ayant chuté à 38,08 %, soit son niveau le plus bas depuis près de deux décennies.
Une reconfiguration parlementaire sous tension
Derrière le PAM, le Rassemblement national des indépendants (RNI), formation du chef de gouvernement sortant Aziz Akhannouch, arrive en deuxième position avec 66 sièges, enregistrant un recul significatif d'une trentaine de sièges par rapport au précédent scrutin. Le Parti de l'Istiqlal complète le podium avec 65 élus. À l'opposé, le Parti de la justice et du développement (PJD), qui occupait une place centrale lors de la précédente législature, voit sa représentation parlementaire bondir à 54 sièges, après une campagne axée sur la lutte contre la corruption.
Le défi de la défiance citoyenne
La faible mobilisation des électeurs reflète une fracture croissante entre la classe politique et une partie de la population. Les préoccupations liées au chômage, à l'érosion du pouvoir d'achat et aux lacunes des services publics, notamment dans la santé et l'éducation, ont dominé les débats. Cette défiance est exacerbée par un sentiment de décalage entre les investissements massifs consentis pour des projets d'envergure, tels que le Mondial 2030, et les besoins socio-économiques immédiats des citoyens, particulièrement au sein d'une jeunesse en quête de perspectives.
Vers une nouvelle gouvernance
Le prochain chef du gouvernement sera désigné par le roi Mohammed VI au sein du parti arrivé en tête, le PAM. Cette nomination ouvre la voie à la formation d'une coalition pour un mandat de cinq ans. Parmi les figures pressenties pour diriger l'exécutif figure Fatima Ezzahra Mansouri, actuelle ministre de l'Aménagement du territoire et maire de Marrakech. Le nouveau gouvernement devra répondre à des engagements économiques ambitieux, incluant un objectif de croissance annuelle de 5 % et la création d'un million d'emplois, tout en naviguant dans un système où les orientations stratégiques restent sous l'égide du monarque.