Le Parti au pouvoir au Ghana exige la démission du juge en chef après des propos jugés partisans

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 31 lectures
Le Parti au pouvoir au Ghana exige la démission du juge en chef après des propos jugés partisans

La classe politique ghanéenne est en ébullition suite aux récentes déclarations du juge en chef, Paul Baffoe-Bonnie, perçues par l'opposition comme une prise de position partisane. Le Nouveau Parti Patriotique (NPP) a officiellement sommé le magistrat de se rétracter ou de démissionner, estimant que ses propos compromettent l'intégrité de l'institution judiciaire à l'égard des litiges électoraux et politiques futurs.

Une controverse née d'éloges institutionnels

Lors d'une série de visites dans des institutions publiques le 2 septembre 2026, le juge en chef a publiquement salué la performance du Fonds d'investissement des revenus miniers (MIIF) et d'autres organismes sous l'administration actuelle. Il a notamment interrogé la pertinence des actions menées au cours des huit dernières années, une remarque interprétée par le député Alhassan Tampuli comme une comparaison biaisée visant à valoriser le gouvernement NDC au détriment des mandats précédents. Pour le parlementaire, cette sortie publique place le chef de la magistrature dans « l'arène politique », rendant sa position intenable.

L'opposition dénonce une rupture de neutralité

Le NPP, par la voix de son secrétaire général Justin Kodua Frimpong, a exprimé sa vive désapprobation, qualifiant le langage utilisé par le juge en chef de « propagandiste ». Le parti souligne que le serment constitutionnel du magistrat impose une loyauté exclusive à la Constitution, et non à l'agenda politique du président John Dramani Mahama. Cette défiance est exacerbée par le contexte actuel de l'opération « Operation Recover All Loot » (ORAL), une initiative gouvernementale visant des personnalités de l'opposition, que le NPP perçoit comme une campagne de persécution judiciaire.

Des griefs sur la gestion de l'appareil judiciaire

Au-delà de la polémique sur ses propos, le juge en chef est également la cible de critiques concernant la gestion interne du système judiciaire. Le NPP pointe du doigt une « célérité extraordinaire » dans le traitement des dossiers visant des membres de l'opposition, citant notamment l'incarcération de Bernard Antwi Boasiako. Parallèlement, le parti dénonce une dégradation des conditions de travail au sein des tribunaux, illustrée par des infrastructures défaillantes. Selon le NPP, l'absence de réformes structurelles pour réduire les délais judiciaires, couplée à ces prises de position, entame durablement la confiance des citoyens envers la justice ghanéenne.

Un enjeu de confiance institutionnelle

La question centrale soulevée par cette crise est celle de la séparation des pouvoirs. En s'exprimant sur les performances gouvernementales, le juge en chef s'expose à des accusations de partialité qui pourraient peser lourdement lors de futurs contentieux électoraux ou politiques. Le NPP insiste sur le fait qu'un magistrat ne peut prétendre à l'impartialité s'il affiche publiquement son soutien à un agenda politique, rappelant que la crédibilité de l'État de droit repose sur la perception d'une justice neutre et indépendante de toute influence partisane.

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