L'annonce d'un partenariat entre le géant chinois de l'automobile BYD et le fournisseur d'énergie français EDF a déclenché une tempête politique en France. En permettant aux acheteurs de véhicules BYD de bénéficier de primes liées aux certificats d'économies d'énergie (CEE), l'entreprise publique est accusée de subventionner indirectement une industrie étrangère concurrente des constructeurs européens.
Une incohérence stratégique dénoncée par les élus
La polémique repose sur une contradiction perçue entre la politique industrielle de l'État et les actions de ses entreprises publiques. Alors que le gouvernement français a mis en place des critères stricts, comme l'éco-score, pour exclure les véhicules produits en Chine des aides publiques majeures, le mécanisme des CEE permet à BYD de contourner cette barrière symbolique. Des parlementaires, à l'instar du député Sacha Houlié ou de la sénatrice Marie-Claire Carrère-Gée, ont vivement critiqué ce qu'ils qualifient de « scandale », estimant qu'une société détenue à 100 % par l'État ne devrait pas favoriser un industriel étranger au détriment de la base industrielle nationale.
La pression sur EDF pour rompre le partenariat
Face à la montée des critiques, le ministre délégué à l'Industrie, Sébastien Martin, aurait sommé EDF de mettre fin à cet accord d'ici la fin de l'année. L'enjeu est de taille : il s'agit de protéger les emplois et la compétitivité des constructeurs européens face à une marque chinoise au positionnement prix agressif. Si EDF finance également des primes pour d'autres marques étrangères, la différence majeure réside dans le fait que ces dernières, comme le groupe Volkswagen, produisent majoritairement leurs véhicules sur le sol européen, contrairement à BYD.
L'évolution du paysage industriel européen
La situation pourrait toutefois évoluer rapidement. BYD prévoit de lancer une production locale sur son site hongrois, ce qui pourrait, à terme, rendre ses modèles éligibles aux aides publiques selon les critères environnementaux en vigueur. D'ici là, le constructeur chinois se retrouve au cœur d'un débat sur la souveraineté économique. Si d'autres énergéticiens liés à l'État, comme Engie ou une filiale de La Poste, soutiennent également des marques étrangères, le cas de BYD cristallise les craintes liées à la montée en puissance technologique et commerciale du géant chinois sur le marché européen.