Le procès de l'ancienne ministre française Rachida Dati, accusée de corruption passive et de trafic d'influence dans le cadre de ses activités pour le groupe Renault-Nissan, a franchi une étape décisive ce lundi 28 septembre. Le Parquet national financier (PNF) a requis une peine de quatre ans de prison, dont deux ferme aménageables sous bracelet électronique, assortie d'une amende de 450 000 euros.
Les réquisitions du Parquet national financier
Au terme des débats, les procureurs ont formulé des demandes sévères à l'encontre de l'actuelle maire du 7e arrondissement de Paris. Outre la peine privative de liberté, le ministère public a sollicité la confiscation de 900 000 euros sur le patrimoine de la prévenue. Ces réquisitions interviennent dans un dossier où il est reproché à l'ex-garde des Sceaux d'avoir perçu des rémunérations en échange d'un lobbying politique au Parlement européen au profit du constructeur automobile, des accusations qu'elle conteste fermement.
La question de la réalité du travail fourni
Au cœur des échanges, la matérialité des prestations de conseil effectuées par Rachida Dati pour le compte de Renault a été longuement interrogée. Si la prévenue a soutenu avoir activement contribué au développement international de la marque, notamment au Maghreb et au Moyen-Orient, l'accusation souligne l'absence de traces tangibles de ce travail. La défense a dû faire face à des questions insistantes sur la nature de ses interventions au Parlement européen, que l'ancienne eurodéputée a qualifiées d'influences inexistantes, malgré les soupçons pesant sur ses activités parlementaires.
Un procès marqué par l'absence de Carlos Ghosn
Ce volet judiciaire se déroule dans un contexte complexe, marqué par l'absence de l'ancien PDG de Renault, Carlos Ghosn. Actuellement au Liban, ce dernier est jugé en son absence après le rejet par la justice française de ses demandes de report d'audience. Alors que le procès touche à sa fin, la parole est désormais laissée à la défense, qui entend plaider la relaxe. La décision finale du tribunal sera rendue après la délibération, marquant l'épilogue d'une affaire qui interroge les frontières entre conseil privé et exercice d'un mandat public.