Le parquet ghanéen s'oppose à la demande de non-lieu de l'ex-patron du renseignement

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 16 lectures
Le parquet ghanéen s'oppose à la demande de non-lieu de l'ex-patron du renseignement

Le procureur général du Ghana a formellement requis le rejet de la demande de non-lieu déposée par Kwabena Adu Boahene, ancien directeur du National Signals Bureau (NSB). Accusé de détournement de fonds publics, ce dernier tente d'obtenir l'abandon des poursuites avant même l'ouverture de sa défense, une requête que le ministère public juge infondée au regard des éléments probants déjà versés au dossier.

Un détournement présumé de 49,1 millions de cédis

L'affaire porte sur la disparition de 49,1 millions de cédis, une somme initialement allouée à l'acquisition de logiciels de cyberdéfense pour l'État. Kwabena Adu Boahene est poursuivi aux côtés de son épouse, Angela Adjei Boateng, et de leur société, Advantage Solutions. Au total, onze chefs d'accusation à caractère financier pèsent sur les prévenus, qui auraient orchestré un système de détournement complexe au sein de l'institution de renseignement.

Des témoignages accablants pour la défense

Pour étayer sa position, le parquet s'appuie sur les dépositions de quatre témoins clés. Le chauffeur de l'ancien responsable a notamment décrit le transport récurrent de fonds en liquide, tandis que la responsable financière du NSB a confirmé le transfert des 49,1 millions vers un compte bancaire non autorisé. Une ancienne employée des accusés a également témoigné avoir utilisé des chèques pré-signés pour faciliter les mouvements de fonds, tandis qu'un enquêteur de l'Office économique et de lutte contre le crime organisé (EOCO) a remis en cause l'authenticité des documents justifiant l'achat des logiciels de sécurité.

L'argumentaire du parquet face à la stratégie de défense

Dans un mémoire de 25 pages, le procureur général soutient que les preuves documentaires et testimoniales établissent de manière décisive les éléments constitutifs des infractions. Le ministère public souligne que les tentatives de la défense pour discréditer les témoins lors des contre-interrogatoires sont restées « extraordinairement tangentielles », se concentrant sur des détails périphériques plutôt que sur le fond des transactions financières incriminées.

Une décision judiciaire attendue le 5 novembre 2026

La Haute Cour doit désormais trancher cette question procédurale lors d'une audience prévue le 5 novembre 2026. Si le juge rejette la demande de non-lieu, les accusés seront contraints de présenter leur propre défense pour répondre aux charges. Il est important de noter qu'un tel rejet ne constituerait pas une condamnation, mais permettrait simplement la poursuite du procès pour établir la culpabilité ou l'innocence des prévenus.

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