Le procureur général près la cour d’appel de Casablanca a requis, le 3 novembre, les peines maximales prévues par la loi à l’encontre de Jonathan Harroch, propriétaire du groupe de salles de sport City Club. Le ministère public qualifie les faits reprochés de traite des êtres humains, soulignant une exploitation systématique de la vulnérabilité des employés.
Des accusations de traite des êtres humains
Le réquisitoire du ministère public met en lumière une série d'infractions graves, allant de la traite des êtres humains au proxénétisme avec contrainte, en passant par le harcèlement sexuel et l'usage illicite de stupéfiants. Le magistrat a insisté sur le fait que l'intention coupable est établie, rappelant que ces pratiques portent une atteinte directe à la dignité humaine. L'affaire, qui a débuté suite à des témoignages diffusés sur les réseaux sociaux, révèle un système où l'employeur aurait instrumentalisé la précarité socio-économique de ses collaborateurs pour imposer des sévices et des pratiques sexuelles déviantes.
Un mode opératoire fondé sur la vulnérabilité
Les éléments présentés à l'audience détaillent des méthodes d'emprise variées. Pour certaines victimes, l'embauche était conditionnée à des faveurs sexuelles ou à la participation à des soirées privées, sous couvert de promesses de promotions ou d'avantages financiers. Le parquet a notamment évoqué des faits d'une extrême gravité, incluant des pressions pour concevoir des enfants destinés à des réseaux criminels, ainsi que des cas de séquestration et de violences physiques documentés par des enregistrements vidéo et des témoignages concordants.
L'instrumentalisation du personnel
Le ministère public a fustigé le mépris affiché par le chef d'entreprise envers ses employés, indépendamment de leur niveau d'instruction. Le dossier souligne que le prévenu aurait exercé des menaces de diffamation par captation d'images pour maintenir ses victimes sous silence. Les enquêteurs ont également mis en évidence la saisie de sommes d'argent destinées à l'exploitation sexuelle lors d'une intervention policière dans un hôtel, confirmant l'ampleur des activités illicites reprochées. La justice marocaine doit désormais statuer sur ces réquisitions, dans une affaire qui soulève des enjeux majeurs sur la protection des travailleurs et la lutte contre l'exploitation au sein des entreprises.