L'Assemblée nationale du Sénégal amorce un tournant dans sa mission de contrôle de l'action gouvernementale en exigeant une évaluation rigoureuse des résultats derrière chaque franc dépensé. Cette nouvelle dynamique, portée par une collaboration technique avec le PNUD, vise à transformer le processus budgétaire en un outil de pilotage axé sur l'impact réel des politiques publiques pour les populations.
Une exigence de redevabilité accrue
Lors de la première revue semestrielle entre la Direction de la planification, du contrôle et de l'évaluation (DSPCEPP) et le Comité d'évaluation et de suivi des politiques publiques (CEPSE), l'institution parlementaire a réaffirmé sa volonté de dépasser la simple comptabilité des crédits consommés. L'objectif est désormais de corréler systématiquement le vote des budgets avec leur exécution effective et les résultats tangibles obtenus sur le terrain. Cette démarche s'appuie sur des réformes structurelles internes, incluant la création de comités dédiés et le déploiement du Système d'information parlementaire sur les politiques publiques (SIPOP).
Données fiables et pilotage stratégique
Pour les autorités parlementaires, le contrôle de l'action gouvernementale ne peut plus se limiter à une lecture administrative des dépenses. Le Dr Mamadou Yauck, directeur de la Planification, du Contrôle et de l'Évaluation, insiste sur la nécessité d'analyser la destination finale des fonds, l'identité des bénéficiaires et la répartition territoriale des investissements. Cette approche intégrée permet de faire le pont entre les performances de l'année 2025, l'exécution budgétaire en cours pour 2026 et la préparation des orientations stratégiques pour 2027.
Évaluation des externalités économiques
Au-delà de la gestion budgétaire classique, le Parlement intègre désormais une dimension plus large dans son suivi : l'analyse des externalités liées aux activités économiques. Les travaux portent une attention particulière aux impacts sociaux, environnementaux et sanitaires des projets financés par l'État. En examinant les Rapports annuels de performance (RAP), les députés cherchent à mieux appréhender les conséquences territoriales des investissements publics, afin d'assurer que chaque programme contribue de manière mesurable au développement national.