Le Parlement sénégalais a approuvé à l’unanimité la mise en place d’une commission d’enquête de 11 députés pour examiner le programme « Un étudiant, un ordinateur », qui a engagé près de 48 milliards FCFA depuis 2017. Cette initiative vise à clarifier l’utilisation des fonds publics, les marchés associés et les éventuelles irrégularités, afin de rétablir la confiance des citoyens dans les projets d’État.
Mandat et composition de la commission parlementaire
La résolution, adoptée par les 129 députés présents, crée une commission de 11 membres issus de différents groupes politiques. Son mandat comprend la collecte de tous les documents comptables, la reconstitution chronologique des décisions et la détermination des responsabilités éventuelles. Les parlementaires devront également rendre un rapport détaillé au terme de leur enquête, qui pourra servir de base à d’éventuelles réformes législatives ou à des poursuites judiciaires.
Enjeux financiers du programme « Un étudiant, un ordinateur »
Depuis son lancement en 2017, le dispositif a mobilisé approximativement 48 milliards FCFA, dont un fonds de garantie d’environ 2 milliards FCFA. Les investigations porteront sur la création de 13 comptes et sous‑comptes bancaires, ainsi que sur la destination de plus de 864,8 millions FCFA qui restent non justifiés. Un autre point crucial concerne le virement de 1,446 milliard FCFA lié à l’acquisition de 7 055 ordinateurs, dont la traçabilité devra être vérifiée.
Problèmes matériels et suivi des livraisons
Le Parlement devra également s’interroger sur le sort de 800 ordinateurs défectueux actuellement stockés à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Cette situation révèle des faiblesses dans le suivi logistique et le contrôle qualité des équipements fournis aux étudiants. Les enquêteurs examineront les contrats d’achat, les procédures de réception et les éventuels retards ou malfaçons qui auraient pu entraîner ces pertes.
Perspectives et impact sur la gouvernance publique
En éclaircissant l’usage des fonds, la commission pourra proposer des réformes de la passation des marchés, du suivi budgétaire et du contrôle interne. Ces recommandations viseront à renforcer la transparence et à prévenir de futures dérives dans les projets d’accès au numérique. Les conclusions de l’enquête pourraient également influencer la conception de nouveaux programmes éducatifs, en assurant une meilleure gouvernance et une plus grande responsabilité des acteurs publics et privés.