Le Parlement sénégalais exige le retrait du projet de budget 2027 après le rejet de la loi de finances rectificative

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 5 lectures
Le Parlement sénégalais exige le retrait du projet de budget 2027 après le rejet de la loi de finances rectificative

La commission des Finances et du Contrôle budgétaire de l'Assemblée nationale sénégalaise a officiellement sommé le gouvernement de retirer le projet de loi de finances initiale (PLFI) pour l'exercice 2027. Cette initiative, portée par le président de la commission Alphonse Mané Sambou, intervient au lendemain du rejet par les députés du projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour l'année 2026.

Une remise en cause des fondements macroéconomiques

La demande de retrait repose sur un argument de cohérence budgétaire. Selon la commission, le projet de budget 2027 a été élaboré en intégrant les prévisions contenues dans le PLFR 2026. Or, le rejet de ce texte rectificatif par la représentation nationale rend caduques, aux yeux des parlementaires, les hypothèses macroéconomiques qui ont servi de socle à la construction du budget de l'année suivante. La commission estime qu'il est impossible de poursuivre l'examen d'un texte dont les fondements financiers sont désormais contestés et invalidés par le vote des députés.

L'exigence de sincérité budgétaire

Au-delà du bras de fer politique, la démarche soulève une question de sincérité budgétaire. En réclamant une révision du projet, la commission des Finances demande au gouvernement de soumettre une nouvelle version du budget 2027, cette fois bâtie sur les prévisions de la loi de finances initiale de 2026. L'objectif affiché est de garantir que les travaux parlementaires s'appuient sur des projections jugées fiables et conformes à la réalité comptable actuelle, plutôt que sur des hypothèses issues d'un texte rejeté.

Un bras de fer institutionnel inédit

La correspondance adressée le 3 novembre 2026 au ministre de l'Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, marque une escalade dans les relations entre l'Exécutif et le Parlement. Il ne s'agit plus ici de simples amendements ou d'une opposition classique, mais d'une injonction institutionnelle visant à contraindre le gouvernement à reprendre sa copie. Cette séquence place l'Exécutif face à un dilemme : accéder à cette demande inédite au risque de retarder le calendrier budgétaire, ou maintenir sa position initiale tout en s'exposant à une impasse législative majeure.

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