Le Parlement nigérian suspend ses relations avec l'Afrique du Sud face à la persistance des violences xénophobes

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 31 lectures
Le Parlement nigérian suspend ses relations avec l'Afrique du Sud face à la persistance des violences xénophobes

Le Parlement nigérian a officiellement acté la suspension de toutes ses visites et activités de coopération avec l'Afrique du Sud. Cette décision radicale, prise par le Sénat et la Chambre des représentants, fait suite à la multiplication des agressions xénophobes visant les ressortissants nigérians et leurs intérêts économiques sur le sol sud-africain.

Une rupture des échanges législatifs

Par la voix de son greffier, Kamoru Ogunlana, l'Assemblée nationale nigériane a annoncé le boycott immédiat de tout séminaire, conférence ou rencontre organisée par les autorités législatives sud-africaines. Cette mesure, qui s'applique aussi bien aux déplacements physiques qu'aux participations virtuelles, concerne l'ensemble des parlementaires, des commissions et du personnel administratif. Le Parlement a également invité les assemblées législatives des États fédérés du Nigeria à adopter une posture similaire pour marquer la désapprobation nationale.

L'échec des voies diplomatiques classiques

Cette résolution intervient après plusieurs tentatives infructueuses de dialogue. Malgré les interventions répétées du gouvernement fédéral et les appels à la protection des étrangers, les violences n'ont pas cessé. Selon les autorités nigérianes, au moins 98 citoyens ont été tués dans des attaques xénophobes depuis 2022. Face à cette situation, le gouvernement a dû organiser en juillet dernier le rapatriement volontaire de près de 1 490 Nigérians, soulignant l'ampleur de la crise sécuritaire et le sentiment d'insécurité croissant au sein de la diaspora.

Entre pressions politiques et enjeux économiques

Si le Parlement nigérian durcit le ton, il reste prudent sur le terrain économique. Au cours des débats, certaines voix, comme celle du sénateur Adams Oshiomhole, avaient plaidé pour des mesures de rétorsion contre les entreprises sud-africaines opérant au Nigeria, telles que MTN ou MultiChoice. Cependant, la direction du Sénat a rejeté ces propositions de nationalisation ou de sanctions directes, privilégiant une pression diplomatique ciblée. Les autorités nigérianes insistent sur le fait que ce boycott ne vise pas à rompre les relations historiques entre les deux nations, mais constitue un signal fort pour exiger des autorités de Pretoria des mesures concrètes : protection des résidents, enquêtes approfondies et poursuites judiciaires contre les auteurs des violences.

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