La Chambre des représentants du Nigeria a ouvert une enquête parlementaire pour évaluer le niveau de préparation du pays face à la menace du virus Ebola. Cette initiative, qui intervient après la détection d'un cas importé, vise à sécuriser les infrastructures critiques, notamment les centres pénitentiaires, jugés particulièrement vulnérables.
Vulnérabilité des centres de détention
Le contrôleur général des services correctionnels, Sylvester Nwakuche, a alerté les législateurs sur la fragilité des prisons face aux épidémies. En raison de la surpopulation carcérale et de la promiscuité, une intrusion du virus dans ces établissements pourrait avoir des conséquences dramatiques pour les détenus, le personnel et les communautés environnantes. Pour pallier ces risques, l'administration pénitentiaire sollicite un financement d'urgence dédié, indispensable à l'acquisition d'équipements de protection individuelle, de désinfectants, d'ambulances et à l'aménagement d'espaces d'isolement.
Une vigilance nationale accrue
Le président de la Chambre des représentants, Tajudeen Abbas, a souligné que la sécurité sanitaire est indissociable de la sécurité nationale. Bien que le gouvernement ait activé des mécanismes de réponse rapide et qu'aucun cas actif ne soit actuellement recensé sur le territoire, les autorités refusent tout relâchement. L'objectif de cette audition est de passer au crible l'efficacité des systèmes de surveillance, la capacité des laboratoires et la coordination entre les agences fédérales et les gouvernements des États.
Coordination et transparence des autorités
Les travaux parlementaires s'appuient sur les leçons tirées de l'épidémie de 2014, qui avait durement éprouvé le pays sur les plans humain et économique. Le président de la commission conjointe, Amobi Godwin Ogah, a salué la réactivité de l'exécutif, notamment le déblocage de 10 milliards de nairas pour soutenir les efforts de confinement et la coordination assurée par le Centre nigérian de contrôle et de prévention des maladies (NCDC). Les législateurs insistent désormais sur la nécessité d'une communication transparente pour éviter la panique tout en garantissant une préparation rigoureuse aux points d'entrée du pays, tels que les aéroports.