Le Comité parlementaire sur l'eau et l'assainissement a officiellement apporté son soutien au projet de loi portant création d'une Autorité nationale de l'assainissement. Cette instance dédiée vise à renforcer la gouvernance et l'efficacité opérationnelle de la gestion des déchets à travers le pays, un enjeu crucial identifié lors d'une mission de contrôle parlementaire.
Un cadre institutionnel pour l'assainissement
Le président du Comité, John Oti Bless, a confirmé que les consultations menées auprès des acteurs du secteur convergent vers la nécessité d'une structure centralisée. Cette Autorité nationale aurait pour mission de coordonner les politiques publiques et d'harmoniser les interventions sur le territoire. Ce soutien législatif intervient alors que les parlementaires achèvent une tournée d'inspection dans huit régions, constatant des disparités significatives en matière de propreté urbaine et de gestion des infrastructures.
Les défis logistiques de la filière de recyclage
Lors d'une visite à l'usine de recyclage et de compostage (IRECOP) de Ho, dans la région de la Volta, le groupe Jospong, opérateur du site, a alerté les autorités sur les freins structurels à son activité. L'état dégradé des routes d'accès constitue un obstacle majeur, risquant de décourager le transport des déchets vers les centres de traitement et favorisant, par ricochet, les décharges sauvages dans les zones agricoles ou forestières environnantes.
Vers une valorisation des déchets organiques
Au-delà des infrastructures routières, les opérateurs plaident pour une stratégie nationale de valorisation. Environ 60 % des déchets traités sur le site de Ho sont organiques et transformables en compost ou engrais. Pour rentabiliser cette filière, le secteur appelle à la création de stations de transfert de proximité et à des mesures incitatives favorisant l'achat public de produits issus du recyclage local. Le Comité parlementaire s'est engagé à porter ces doléances, notamment auprès du ministère des Routes et des Autoroutes, afin d'intégrer ces besoins logistiques dans son rapport final à l'Assemblée nationale.
La région de la Volta en modèle de gestion
Malgré les difficultés rencontrées par les opérateurs, la mission parlementaire a distingué la région de la Volta comme étant la plus propre parmi celles visitées à ce jour. Ce constat souligne l'importance de l'éducation publique et de l'engagement des parties prenantes locales, des leviers que le Comité souhaite intensifier pour accompagner la transition vers une gestion plus durable des déchets à l'échelle nationale.