Face à la récurrence des soupçons de corruption entourant le processus de nomination des ministres et des juges de la Cour suprême, deux organisations de lutte contre la corruption, Transparency International Ghana (TI-Ghana) et la Ghana Anti-Corruption Coalition (GACC), exigent une transparence totale. Au cœur de la controverse : un versement présumé de 70 000 GH¢ destiné à des membres du Comité des nominations, une affaire qui cristallise la crise de confiance institutionnelle que traverse le pays.
Une exigence de clarté institutionnelle
L'affaire a éclaté suite à la circulation d'un mémorandum, dont l'authenticité est vivement contestée par le groupe parlementaire minoritaire, qui le qualifie de faux. Si la députée Patricia Appiagyei a été saluée par les organisations pour avoir refusé et retourné les fonds qui lui étaient destinés, TI-Ghana et la GACC estiment que cet acte individuel ne saurait suffire. Elles réclament désormais que le Service parlementaire publie les détails financiers de cette allocation, incluant sa source, sa finalité, ainsi que la base budgétaire justifiant de tels mouvements de fonds.
Le spectre des scandales passés
Cette polémique s'inscrit dans un climat de défiance persistante. Entre 2020 et 2026, plusieurs allégations de corruption ont entaché la réputation du Parlement, notamment en mars 2023, lorsqu'un député avait dénoncé des pots-de-vin versés pour influencer des votes de confirmation, ou encore en janvier 2025, lors d'accusations portées par un activiste sur des paiements exigés par des membres du comité auprès des candidats. Malgré les dénégations et les enquêtes internes, aucune sanction publique n'a été prononcée, alimentant le sentiment d'impunité dénoncé par les organisations de la société civile.
Vers une réforme des pratiques parlementaires
Au-delà de l'enquête préliminaire ouverte par l'Office du Procureur spécial (OSP), les organisations appellent à une refonte structurelle. Elles pressent le président de l'Assemblée, Alban Bagbin, de transformer ses engagements verbaux en mesures concrètes. La proposition phare consiste en l'élaboration d'un cadre contraignant régissant les cadeaux, les indemnités et les paiements de facilitation liés aux travaux des comités. Ce dispositif devrait instaurer des seuils de déclaration obligatoires et des sanctions strictes en cas de non-conformité.
Un enjeu de légitimité démocratique
Pour TI-Ghana et la GACC, l'issue de cette affaire est déterminante pour la crédibilité du Parlement en tant qu'institution de contrôle. Elles insistent sur le fait que le silence ou les explications partisanes ne sont plus des options viables. La coopération totale avec l'Office du Procureur spécial est présentée comme le préalable indispensable pour restaurer la confiance des citoyens et garantir l'intégrité des futurs processus de nomination au sein de l'appareil d'État ghanéen.