Le vice-président du Comité des comptes publics (PAC) du Parlement ghanéen, Davis Ansah Opoku, a qualifié d'alarmant un écart financier majeur révélé dans la gestion des fonds de lutte contre la pandémie. Une enquête journalistique suggère que les dépenses réelles liées aux opérations de fumigation dépasseraient de plus de 600 millions de cedis les montants officiellement comptabilisés dans l'audit spécial réalisé en 2022.
Une divergence de chiffres préoccupante
L'audit spécial, commandé par l'ancien ministre des Finances Ken Ofori-Atta pour examiner les dépenses engagées entre 2020 et juin 2022, n'avait retenu qu'un montant de 96 millions de cedis pour les activités de fumigation. À l'inverse, les investigations menées par le journaliste Manasseh Azure Awuni, portant notamment sur les ministères de l'Éducation, des Transports et du Gouvernement local, évaluent ces dépenses à au moins 720 millions de cedis. Cette disparité substantielle soulève des questions sur la fiabilité des données financières présentées aux institutions de contrôle.
La qualité de l'audit spécial remise en cause
Au-delà de cette omission spécifique, le vice-président du PAC a exprimé des doutes plus larges sur la rigueur méthodologique de l'audit de 2022. Selon Davis Ansah Opoku, les travaux parlementaires avaient déjà mis en lumière le caractère précipité de cet exercice de contrôle. Le comité avait précédemment identifié des incohérences concernant des créances dues à diverses institutions, suggérant que le document final ne reflétait pas fidèlement la réalité des engagements financiers de l'État durant la crise sanitaire.
L'exigence de transparence devant le Parlement
Face à ce qu'il qualifie d'anomalie majeure, le Comité des comptes publics a inscrit ce dossier à l'ordre du jour de ses prochaines auditions avec le Service d'audit. L'objectif est d'obtenir des explications claires sur les raisons de cette omission et de déterminer comment une telle irrégularité a pu se produire dans un rapport censé garantir la transparence des fonds publics. Le PAC entend désormais confronter les auditeurs aux preuves recueillies pour réconcilier les chiffres et établir les responsabilités dans ce qui est considéré comme une infraction grave aux procédures de reddition de comptes.