Le Parlement ghanéen exige une souveraineté stricte sur le partage des données médicales nationales

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 15 lectures
Le Parlement ghanéen exige une souveraineté stricte sur le partage des données médicales nationales

Le Ghana réaffirme son droit de regard sur la gestion de ses informations sanitaires face aux exigences des partenaires internationaux. Le président de la Commission parlementaire de la santé, le Dr Mark Kurt Nawane, a qualifié les dossiers médicaux de zone interdite, marquant une ligne rouge claire dans les négociations sur les accords de coopération sanitaire.

Distinction entre statistiques et données nominatives

Le Dr Nawane souligne une différence fondamentale entre le partage de statistiques agrégées et l'accès aux dossiers médicaux. Si le Ghana communique régulièrement des indicateurs de santé publique, tels que les taux de mortalité maternelle ou l'espérance de vie, ces données ne sauraient être confondues avec des informations médicales spécifiques. Pour le législateur, la souveraineté de l'État implique une maîtrise totale sur la nature des informations transmises, leur finalité et les acteurs autorisés à y accéder.

Le rejet d'un accord avec les États-Unis

Cette prise de position fait suite à la décision du gouvernement ghanéen de rejeter un projet de pacte sanitaire proposé par les États-Unis, destiné à remplacer les financements de l'USAID. Le président John Mahama a précisé que l'examen du texte par le ministère de la Santé avait révélé des clauses inacceptables, notamment concernant l'inspection des produits médicaux, le financement de contrepartie et, surtout, l'accès aux dossiers médicaux et aux informations sur les agents pathogènes.

Un enjeu de souveraineté numérique et sanitaire

La vigilance du Ghana s'inscrit dans une dynamique plus large sur le continent, où d'autres nations, à l'instar du Zimbabwe, ont également exprimé des réserves face à des exigences similaires de partage de données sensibles. Le Dr Nawane insiste sur la nécessité d'une analyse rigoureuse de la terminologie employée dans les traités internationaux. L'enjeu est d'éviter que des dispositions floues ne permettent l'accès à des données ciblées sur des groupes spécifiques de la population, ce qui constituerait une atteinte aux prérogatives de l'État.

Vers un cadre de coopération encadré

Loin de prôner un isolement, le Parlement ghanéen appelle à une redéfinition des termes de la coopération internationale. La position officielle est claire : la collaboration avec les partenaires extérieurs est jugée nécessaire, mais elle doit être strictement encadrée par des garanties juridiques protégeant l'intégrité des données nationales. Le gouvernement est désormais invité à maintenir cette exigence de transparence et de contrôle pour toute future convention de santé publique.

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